Pakistan: L’arrivée au pouvoir du président Musharraf rassure les Eglises chrétiennes
Lahore, 21 juin 2001 (APIC) Les dirigeants des Eglises chrétiennes du Pakistan jugement «assez positif» le changement intervenu au sommet des institutions du pays. Le 20 juin, en effet, le général Pervez Musharraf a pris la charge de président, après la destitution de Rafiq Tarar. Le président de la Cour suprême du Pakistan, Irshad Hanna Khan, l’a intronisé au cours d’une cérémonie officielle en présence des autorités civiles et militaires.
Le président Musharraf a dissout le Parlement, dont les pouvoirs étaient déjà suspendus. Pour lui permettre de prendre sa charge de président, qui s’ajoute à celle de chef du gouvernement et à celle de chef de l’armée, des changements ont dû être apportés à la Constitution. Ce regroupement des pouvoirs sur sa personne lui garantit la légitimité de chef de l’État pour le Sommet imminent avec l’Inde sur la question du Cachemire ; mais elle rend plus aigu le conflit avec l’opposition politique au sein du pays.
Le Rév. Samuel Azriah, évêque protestant de Raiwind, commente ce changement: «Le Pakistan est un pays imprévisible en politique: le général Musharraf pourrait être un dirigeant comme Ali Bhutto, ou comme M. Zia ul-Haq, qui n’ont rien fait pour le bien du pays. Le changement intervenu n’est pas la solution la meilleure, mais, dans les circonstances actuelles, c’était l’option la meilleure.
Le Père Emmanuel Yousaf Mani, directeur de la Commission nationale Justice et Paix, en lien avec la Conférence des évêques catholiques, espère de son côté que le gouvernement déploiera toutes ses énergies pour construire des institutions démocratiques. Il demande au nouveau président d’abolir l’apartheid religieux qui est en vigueur dans le système politique du Pakistan, selon lequel les minorités religieuses ne peuvent voter que pour des candidats de leur propre religion. (apic/fs/cip/pr)




