Un durcissement qui fait craindre le pire
Pakistan: La loi islamique introduite dans deux districts
Islamabad, 1er février 1999 (APIC) Deux districts pakistanais de la » Northwest Frontier Province «, situés à la frontière avec l’Afghanistan, ont adopté la «sharia», la loi islamique. Le gouverneur de la province, Arif Bangash, a promulgué le 16 janvier le décret instituant le système judiciaire islamique au Malakand et au Kohistan, régions à fort pourcentage de fondamentalistes.
Comme chefs des tribunaux, il y aura désormais les «qazi», juges islamiques qui dirigeront les procès et jugeront sur la base de la «sharia». Les tribunaux islamiques décideront en trois mois pour les cas civils, en six mois pour les délits de droit pénal. Le gouvernement chargera des «qazi» associés d’aider les tribunaux dans l’activité judiciaire; les «oulémas», enseignants musulmans, pourront exercer leur fonction d’avocats. La loi permet aux parties en cause de trouver un accord avant le procès par des médiateurs islamiques. D’après le gouvernement, le décret devrait servir de modèle et être étendu à tout le pays.
Les chrétiens et les musulmans modérés sont préoccupés par cette décision qui pourrait créer une certaine tension: » Ali Jinnah, fondateur du pays, voulait un Pakistan laïc et séculier», relève aujourd’hui Cecil Chaudry, dirigeant catholique du «Forum d’Action Nationale», une organisation qui rassemble chrétiens et musulmans. » En allant de l’avant sur cette voie, on risque un véritable apartheid au sens propre du terme». Il y a au Pakistan 28 partis islamiques et plus de 70 sectes qui interprètent la «loi islamique» de manière plus ou moins rigoureuse ou flexible. (apic/cip/pr)




