Pakistan: Le départ du président Musharraf, une chance, selon «Justice et Paix»

De meilleures perspectives pour les minorités

Faisalabad, 19 août 2008 (Apic) La démission du président pakistanais Pervez Musharraf, qui était soumis à une procédure de destitution, est une «chance», selon la minorité catholique du Pakistan. «C’est un changement bienvenu au Pakistan et tout le monde en est content; le pays sort maintenant d’une période d’incertitude et cette démission est un pas en avant», a déclaré mardi 19 août Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission catholique pakistanaise «Justice et Paix» (NCJP). A ses yeux, la situation au Pakistan devrait s’améliorer pour les minorités, qui souffrent de discriminations.

Le secrétaire exécutif de la NCJP relève que les juges qui avaient été démis de leurs fonctions vont retrouver leur place et il sera ainsi plus facile pour le gouvernement de coalition d’affronter les difficiles problèmes auxquels doit faire face le pays. «Mais dans le même temps, le gouvernement de coalition a plus de responsabilités, car il dispose désormais de tous les pouvoirs».

Lors de son discours de démission, le président Musharraf a relevé qu’il avait affronté correctement tous les problèmes importants du pays, que ce soit au niveau de l’économie, de l’éducation, de la loi et de l’ordre public, des femmes et des minorités. Il a encore affirmé avoir pris toutes les mesures nécessaires pour faire du Pakistan une nation prospère et démocratique. Il également dit avoir lutté pour la réconciliation et le consensus dans le but de sortir le Pakistan de la crise. «Mais malheureusement, ces combats n’ont pas connu le succès et ont échoué».

Peter Jacob estime pour sa part que le gouvernement de coalition dispose de bons experts en tant que ministres et qu’ils sont à même de traiter à satisfaction les problèmes politiques et économiques du pays. A propos de la minorité chrétienne du Pakistan, il est d’avis qu’une amélioration globale de la situation du pays permettra également de meilleures conditions pour les minorités. Le secrétaire exécutif de la Commission «Justice et Paix» a contredit les déclarations du président démissionnaire qui a affirmé avoir favorisé les minorités.

Faire plaisir aux Américains

Pour le responsable catholique, l’attitude hostile de la population envers Musharraf dans les zones tribales et les régions frontalière venait du fait que ces gens considéraient que le président menait des actions dans ces régions uniquement pour faire plaisir aux Etats-Unis et au monde occidental. Peter Jacob voit le gouvernement de coalition de façon favorable. Pour lui, il est vrai que, dans le passé, Nawaz Sharif, leader du PML-N (Ligue musulmane du Pakistan – Nawaz), était en faveur du système de justice islamique et il a entretenu d’étroits rapports avec les organisations religieuses, «mais cette histoire appartient au passé».

Peter Jacob affirme que dans le nouveau scénario politique, le gouvernement actuel saura entendre la voix des chrétiens. Il reconnaît toutefois que ce n’est pas sans danger de parler des droits des minorités aujourd’hui au Pakistan, particulièrement des droits religieux, «parce que dans l’atmosphère actuelle, quand les courants extrémistes progressent, ils peuvent nous prendre pour cible».

Il est cependant optimiste, considérant que dans la nouvelle situation, la religion ne sera pas utilisée pour des raisons politiques et que le pays échappera à ce fléau. Il espère que la révision constitutionnelle, qui sera présentée au Parlement dans deux ou trois mois, fera droit à la diversité religieuse du pays, et mentionnera que le Pakistan «est la nation de plus d’une religion». Une élection sera organisée dans les 30 jours pour désigner un nouveau président du Pakistan. (apic/jcp/qf/be)

19 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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