Mais moins que l’année dernière à Mariamabad
Pakistan: Le pèlerinage catholique a attiré 600’000 pèlerins, dont des musulmans
Lahore, 10 septembre 2008 (Apic) Des pluies diluviennes et des coupures de courant n’ont pas empêché plus de 600’000 pèlerins de venir prier la Vierge Marie à Mariamabad, village situé à trois kilomètres d’un axe de grande circulation dans la campagne du Pendjab, à 80 km au sud-ouest de Lahore, au Pakistan
Depuis près de soixante ans, c’est un des temps forts de la vie des catholiques du Pakistan: chaque année, durant trois jours aux alentours du 8 septembre, les pèlerins affluent en nombre à Mariamabad. Cette année, du 5 au 7 septembre, plus de 600’000 croyants sont venus prier, indique dans ce sanctuaire, indique Eglises d’Asie.
Selon le Père Akram Javed, recteur du sanctuaire marial, l’affluence de cette année n’égale pas celle de l’an dernier, où environ un million de croyants s’étaient déplacés. L’inflation, la hausse des frais de transport sont la cause de cette moindre affluence, explique le prêtre, qui rappelle que, si le pèlerinage est très populaire auprès de 1,5 million de catholiques du Pakistan (1% de la population), il est aussi largement fréquenté par des musulmans, qui y vénèrent Sainte Marie (Hazrat Mariam) comme la mère du prophète Jésus.
Les évêques de l’Eglise catholique au Pakistan se sont succédés pour présider les célébrations eucharistiques célébrées chaque jour «devant la grotte de Lourdes» édifiée au sanctuaire. Aux alentours de l’église du sanctuaire, dédiée à Marie et Joseph, la foule se pressait autour des multiples stands dressés pour accueillir et nourrir pareille foule. Une immense tente avait été dressée pour abriter un maximum de pèlerins en cas de pluie.
Quant aux coupures de courant, elles ont été fréquentes et parfois longues de plusieurs heures. Les autorités avaient pourtant promis qu’il n’y aurait pas de problème d’alimentation électrique, mais les coupures ont été continues durant les trois jours, indique-t-on du côté des organisateurs.
Dans un pays à 95 % musulman, où les fidèles des minorités religieuses vivent souvent en tant que citoyens de seconde classe, le pèlerinage de Mariamabad est un des rares lieux où tous se mêlent de manière harmonieuse. Des éléments issus de la tradition religieuse du monde rural musulman sont présents durant les temps forts du pèlerinage, permettant ainsi aux musulmans de vivre pleinement un temps religieux semblable aux «mela», organisées autour du mausolée ou de la châsse d’un saint de l’islam. (apic/eda/pr)



