La prière en guise de gâteau
Pakistan: Les chrétiens n’ont pas eu le coeur à fêter Nouvel an
Karachi, 31 décembre 2002 (APIC) Les chrétiens du Pakistan, qui vivent depuis un an dans la terreur des attentats qui les frappent, ont annulé les célébrations du Nouvel an dans la crainte de nouvelles attaques. La prière passe avant les gâteaux, estiment-ils, après les graves événements du jour de Noël.
La décision, prise mardi, intervient après l’acte terroriste qui a tué le jour de Noël trois fillettes qui participaient aux célébrations de la Nativité dans une petite église vétuste d’un village situé à 200 km au sud- est d’Islamabad.
Les responsables de la minorité chrétienne ont pris la décision d’annuler les festivités, par très rassurés même par les mesures de sécurité renforcées autour des lieux de fête. «Il n’y aura pas de rassemblement, pas de chant ni de concert», a expliqué le président de l’Alliance des minorités du Pakistan, Shahbaz Bhatti.
Les chrétiens du Pakistan, qui redoutent encore plus une guerre contre l’Irak que l’intervention contre l’Afghanistan, en raison des conséquences des haines accumulées, n’ont pas le coeur à la fête, après les attentats des extrémistes musulmans contre eux. Quatre attaques pour la seule année 2002 ont tué 18 personnes, dont 12 fidèles durant des offices religieux.
«Au lieu de découper des gâteaux, nous allons prier dans les églises pour les victimes de l’attentat à la bombe de Noël et pour la paix et la sécurité au Pakistan», a-t-il commenté Shahbaz Bhatti.
Selon l’AFP, les hôtels de plusieurs grandes villes ont reçu l’ordre de fermer leurs cafés et restaurants bien avant minuit par mesure de précaution. Des policiers et paramilitaires vont notamment garder les hôtels et consulats de Karachi, la principale ville du Pakistan, théâtre d’attentats dans le passé, a dit le chef de la police locale, Asad Jahangir Malik. (apic/ag/mn/pr)



