Pakistan: Les condamnations à mort se multipliant

25 chrétiens du Pakistan accusés de «blasphème» en 2007

Bangalore, Inde, 12 juin 2007 (Apic) Des groupes chrétiens du Pakistan exigent une fois de plus l’abrogation d’une loi draconienne sur le blasphème, suite aux nombreuses affaires impliquant des chrétiens.

Dans un communiqué, la Commission indienne «Justice et paix» de l’Eglise catholique romaine tire la sonnette d’alarme.»Les extrémistes religieux vont toujours plus loin en abusant de la loi sur le blasphème, alors que le gouvernement refuse systématiquement d’aborder la question dans le cadre d’un débat ouvert».

Quatre étudiants chrétiens et deux enseignants de l’Institut pakistanais des sciences médicales, à Rawalpindi, ont été accusés le 1er juin de blasphème pour avoir barré d’une croix un verset coranique inscrit sur un panneau. La chrétienne Stella Nazir, directrice de l’Institut, fait partie du personnel suspendu. Elle affirme cependant qu’elle était en congé le jour de la profanation présumée.

Une manière de faire pression sur les chrétiens

Le 30 mai Younis Masih, un chrétien de 29 ans de Lahore, avait été condamné à mort, accusé d’avoir proféré des remarques désobligeantes à l’encontre de Mahomet le 9 septembre 2005. Ce jour là, un voisin de Younis Masih avait demandé que les rassemblements chrétiens qui avaient lieu dans la ville observent les rituels musulmans et non pas chrétiens. Cette demande avait déclenché une dispute qui a eu pour conséquence l’accusation de blasphème portée contre Younis Masih et sa condamnation à mort.

«Une véritable démocratie est impossible tant que les lois discriminatoires telles que les sections 295 B et C [portant sur le blasphème] du Code pénal du Pakistan feront partie du droit,» selon la Commission catholique nationale, qui a réitéré les demandes d’abrogation de la loi.

«Les affaires de blasphème sont maintenant courantes. C’est très inquiétant,» a déclaré au correspondant de l’agence oecuménique ENI Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission.

La Commission a indiqué qu’au moins 25 personnes ont été accusées de blasphème en 2007. Seize d’entre elles, dont neuf femmes, étant des chrétiennes. La loi sur le blasphème «est devenue très pratique pour ceux qui veulent harceler les chrétiens,» a déploré Peter Jacob. (apic/eni/vb)

12 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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