Cinq ONG attaquées

Pakistan: Les fondamentalistes attaquent aussi les ONG

Lahore, 30 octobre 2001 (APIC) Le massacre dans l’église Saint-Dominique à Bahawalpur n’est qu’un des épisodes des violences opérées par les fondamentalistes islamiques au Pakistan. Des organisations non gouvernementales (ONG) également et leur personnel ont eu à subir des attaques de fondamentalistes, selon l’agence missionnaire vaticane Fides.

Selon cette agence, qui dépend de la Congrégation romaine pour l’Evangélisation des peuples, il y a eu en effet ces dernières semaines des attaques contre des bureaux d’ONG, des résidences de volontaires et d’employés à Takhat Bhai, Dir, Bajor et Sawabi, dans la ” Northwestern Frontier Province ” (NWFP), tout près de la frontière avec l’Afghanistan. Les assaillants, membres de groupes fondamentalistes qui protestaient contre la campagne militaire des Etats-Unis en Afghanistan, ont volé à leurs victimes et à leurs familles des biens d’un montant équivalent à des millions de roupies, des véhicules, des ordinateurs, des télécopies, des meubles. Ils ont également menacé la vie des volontaires et des membres de leurs familles.

Accusées de travailler pour les Etats-Unis et pour l’Occident

Après l’attaque terroriste du 11 septembre, plusieurs manifestations de soutien à Ben Laden ont eu lieu dans le pays, notamment dans les provinces du nord-ouest, au Béloutchistan, et à Karachi. Lors de ces manifestations, des fanatiques et des mollahs, pour montrer leur zèle religieux, ont tenté d’attaquer de nombreux bureaux administratifs et des places importantes.

Dans la NSWP, et notamment dans la ville de Takhat Bhai, Dir, Bajor, et Sawabi, ils ont attaqué plusieurs sièges d’ONG, accusées de travailler pour les Etats-Unis et pour l’Occident – une accusation par laquelle ils veulent justifier leurs violences.

Profitant de la situation, des personnes du lieu qui avaient des problèmes avec des membres des ONG ont prétexté des raisons religieuses pour accomplir de véritables actes de vengeance. Après les attaques, les personnes qui travaillent pour le développement n’ont cessé d’être menacées. La police et l’administration locale continuent à rester passives ” pour ne pas déplaire à la population locale et aux fondamentalistes de la région, écrit Fides, ils n’ont pas même présenté de dénonciation (»First Information report», FIR) contre les coupables, même quand les victimes leur eurent indiqué clairement qui ils étaient. «

Quatre ONG attaquées

Voici le détail des dommages subis par différentes organisations tel que le donne Fides.

L’Attaque contre Women and Children Welfare Organization s’est produite le 8 octobre à Takhat Bai. Les bureaux ont été pillés et détruits. Des hommes armés du lieu ont attaqué la maison de Zakia Rehman, secrétaire général de l’ONG. Celui-ci et son père ont été enfermés dans une pièce, gardés à vue sous la menace de fusils, alors que l’on pillait et détruisait sa maison qui fut ensuite incendiée. Après la fuite des responsables, ils ont présenté à la police une liste des coupables ; mais la police n’a procédé à aucun enregistrement. Les dégâts sont estimés à environ 25’900 dollars US.

D’après les employés de l’organisation, le bureau du Salik Rural Development Foundation, situé lui aussi à Takhat Bai, a été attaqué le 8 octobre par une foule nombreuse, y compris par des membres de la ” Jamiat Ulma-e-Islam ” (JUI, Association de docteurs islamiques, le Parti religieux le plus puissant dans la région). Le Centre d’Éducation Professionnelle pour les femmes, la bibliothèque, le jardin, un petit hôpital ont été détruits ; les meubles, les véhicules, les instruments de travail ont été brûlés. Les dégâts sont estimés à 113’600 dollars US. La maison de M. Jehanzeb, un employé, a été brûlée, et les dégâts s’élèvent à 56.800 dollars US.

Le 11 octobre dernier, 5 Bureaux de Salik Rural Development Foundation ont été détruits par la foule àà Sawabi. L’administration locale l’avait avertie le jour même, en lui demandant de fermer les bureaux, les maisons, et de se cacher dans un endroit sûr. Elle décline à présent toute responsabilité dans ce qui s’est passé. Des champs et des cultures ont même été détruits.

Human Survival Development Center travaille à Bajor pour la rééducation des victimes des mines antipersonnel et en faveur des droits de l’homme. D’après les employés du centre, une centaine de membres du JUI, armés de bâtons et de barres de fer, ont attaqué les bureaux le 8 octobre. Les manifestants proféraient des accusations contre les employés, accusés d’être ” des espions américains et juifs «. Ils ont tout détruit après avoir volé ce qui avait de la valeur. Les victimes sont toujours l’objet de menaces de mort. La police ne coopère pas avec elles et ne veut pas leur accorder de protection.

Women Social Workers déplore que la vie de nombreuses femmes qui travaillent comme assistantes sociales à Dir est en danger à cause des groupes de fnatiques. Au lieu de leur venir en aide, l’administration locale leur a simplement conseillé d’enlever les enseignes de leurs bureaux et d’aller dans un endroit plus tranquille. (apic/cip/mk)

30 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!