Pakistan: Maintien de la loi sur le blasphème et de la discrimination des Ahmadis

Au nom du «respect de la Constitution»

Islamabad, 21 février (APIC) Malgré les pressions américaines, le gouvernement pakistanais n’a aucune intention d’amender la loi sur le blasphème qui discrimine les minorités chrétiennes et ahmadies. Les Ahmadis appartiennent à une communauté d’obédience islamique, non reconnue comme musulmane par l’islam sunnite majoritaire au Pakistan.

Le gouvernement du général Pervez Musharraf n’a pas l’intention de céder aux injonctions des Etats-Unis. Islamabad ne souhaite en aucun cas toucher à cet «élément fondamental de la Constitution» qu’est la non reconnaissance des Ahmadis (3,5% de la population). Ces derniers ne se considèrent pas comme des non-Musulmans, mais comme un courant réformateur de l’islam. Leur exclusion de la communauté musulmane telle que définie par l’Etat a été inscrite dans la Constitution de 1973, sous la pression de l’Arabie Saoudite.

Un porte-parole du gouvernement pakistanais a déclaré lundi 18 février qu’il n’est pas question de rouvrir une polémique sur la loi condamnant le blasphème, une législation particulièrement draconiennes qui a déjà coûté la vie à plusieurs chrétiens (la minorité chrétienne au Pakistan est de 2%) . La section 295-C du code pénal prévoit la peine de mort pour ceux qui sont reconnus coupables d’un blasphème contre le prophète Mahomet.

Le porte-parole du gouvernement de Pervez Musharraf a souligné qu’une modification de cette la loi provoquerait une controverse trop importante dans le pays. La simple tentative, il y a plus d’une année, de changement de la procédure d’enregistrement des cas avait provoqué un tel tollé, que le gouvernement avait du y renoncer, a rappelé le porte-parole.

La Chambre des représentants à Washington a réclamé, en prévision de la visite aux Etats-Unis du président pakistanais, la suppression de la loi sur le blasphème et la cessation de la discrimination contre les Ahmadis. Le Gouvernement pakistanais se retranche derrière la nécessité de préserver la Constitution, dans laquelle est inscrite la différence entre une personne musulmane et non musulmane. (apic/theNews/sh)

21 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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