Les Eglises déplorent: nouvelles inquiétudes
Pakistan: Marche arrière du gouvernement sur la loi sur le blasphème
Karachi, 23 mai 2000 (APIC) Les Eglises du Pakistan déplorent la marche arrière du général Pervez Musharraf, chef du gouvernement militaire pakistanais, à propos de l’amendement d’une loi controversée sur le blasphème contre l’islam. Une loi non seulement critiquées par les chrétiens, mais aussi par l’ensemble des autres minorités religieuses du pays. L’inquiétude est aujourd’hui particulièrement grande au Pakistan.
Les chrétiens accusent aujourd’hui le général de céder aux groupes islamistes qui ont exercé des pressions pour empêcher toute modification concernant cette loi.
Le soudain revirement du général Musharraf, qui s’est emparé du pouvoir en octobre dernier, a causé l’immense déception de la communauté chrétienne (trois millions) dans ce pays majoritairement musulman de 135 millions d’habitants.
La soudaine décision du général de faire machine arrière signifie que le chef de n’importe quel poste de police peut enregistrer une plainte dans le cadre de la loi sur le blasphème qui prévoit la peine de mort, même pour blasphème non intentionnel contre l’islam.
Ces dernières années, plusieurs chrétiens ont été condamnés à mort pour blasphème, mais ces verdicts ont été annulés par des tribunaux supérieurs. Pourtant, des chrétiens accusés de blasphème ont été assassinés avant même que leur cas ne soit porté devant les tribunaux.
Le général Musharraf, qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse le 16 mai, à son retour d’une visite au Turkménistan, a admis que «c’est à la demande unanime des Ulémas (clergé musulman) et de la population», qu’il a décidé d’abandonner le projet de modification de la procédure d’enregistrement des plaintes dans le cadre de la loi sur le blasphème». (apic/eni/pr)



