Entre tristesse et appréhension
Palestine: Chrétiens et musulmans de Bethléem pleurent Arafat
Bethléem, 12 novembre 2004 (Apic) Après le décès de Yasser Arafat, la ville cisjordanienne de Bethléem est en deuil. Les chrétiens expriment eux aussi leur affliction. Un sentiment général d’inquiétude règne concernant la succession du leader palestinien.
Alors que certaines villes palestiniennes ont connu des agitations et des manifestations, l’agglomération de Bethléem est restée relativement calme après l’annonce de la mort d’Arafat, le 11 novembre, rapporte l’agence américaine «Catholic News Service». Magasins et écoles ont été fermés pour trois jours. Des bannières noires ont été mises en berne et les haut- parleurs des mosquées diffusent des passages du Coran et des prières.
Dans la rue, les habitants expriment leur grande tristesse: «Il était mon père, il était toute ma famille», clame Mohammed Shahat, un musulman de 21 ans. Mais les chrétiens de Bethléem témoignent eux aussi de l’accablement qu’ils ressentent devant la disparition du dirigeant palestinien. «J’ai pleuré, toute ma famille a pleuré. Personne ne pourra remplacer Arafat», affirme Yowakim Hadwa, un jeune chrétien grec orthodoxe. Un rassemblement en la mémoire du défunt a ainsi été organisé par les autorités chrétiennes.
Des photos d’Arafat en compagnie de divers dirigeants de l’Eglise ont été affichées à l’entrée de la Basilique de la Nativité. «Arafat était spécialement important pour Bethléem parce qu’il a beaucoup fait pour les relations entre musulmans et chrétiens», assure un habitant actif dans le domaine du tourisme.
Craintes face à l’avenir
Au-delà de la tristesse, les habitants de Bethléem expriment leur inquiétude face à l’avenir de leurs autorités. Atta Rahal, un pharmacien de la ville, espère ainsi que «le prochain gouvernement ne deviendra pas une ’marionnette’ des Etats-Unis comme ceux de l’Irak et de l’Afghanistan».
Comme le veut la constitution palestinienne, c’est le président du parlement Rawhi Fattouh qui a prêté serment comme chef par intérim de l’Autorité palestinienne. Il sera chargé d’organiser des élections dans un délai de 60 jours. Il sera secondé par l’actuel premier ministre Ahmad Qoreï. L’ancien premier ministre Mahmoud Abbas a quant à lui été nommé à la tête de l’OLP, principal organe de décision palestinien. Pour sa part, le chef du bureau politique de l’OLP Farouk Kaddoumi a été élu chef du Fatah, qui constitue la principale composante de l’OLP. (apic/cns/rz)



