Violences partagées dans les Territoires – Appel international
Palestine: Rapport d’Amnesty International
Londres, 25 octobre 2007 (Apic) Dans un rapport d’une cinquantaine de pages publié mercredi 24 octobre à Londres, Amnesty International estime que les violences dans les territoires palestiniens ont déjà fait quelque 350 morts en 2007. L’organisme rapporte aussi de nombreuses violations des droits de l’homme, tant dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, qu’en Cisjordanie, où le Fatah impose sa loi.
D’après ce document d’une cinquantaine de pages intitulé Occupied Palestinian Territories: Torn apart by factional strife, (Les territoires palestiniens occupés: déchirés par des luttes de factions) il est rapporté que le Hamas recourt de plus en plus aux détentions arbitraires et aux actes de torture depuis sa prise de pouvoir à Gaza en juin 2007 et autorise ses forces à attaquer et agresser les manifestants pacifiques et les journalistes qui couvrent leurs manifestations. En outre, en Cisjordanie, les forces de sécurité fidèles au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas maintiennent en détention arbitraire des centaines de sympathisants du Hamas, sans prendre aucune mesure contre les militants du Fatah responsables d’enlèvements et d’incendies notamment, dénonce Amnesty.
Briser le cercle des impunités
«Les dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas doivent agir sans délai afin de briser le cycle de l’impunité qui continue de favoriser les atteintes aux droits humains, notamment les détentions arbitraires, les enlèvements, les actes de torture et autres mauvais traitements imputables à leurs forces, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient d’Amnesty International. La lutte qui oppose le Fatah au Hamas a des répercussions désastreuses sur la vie des Palestiniens, particulièrement dans la bande de Gaza, ce qui amplifie et exacerbe la crise des droits humains et humanitaire engendrée par les opérations militaires et les barrages israéliens».
«Les améliorations initiales de la sécurité qui ont suivi la prise de contrôle du Hamas se sont vite érodées», indique le rapport d’Amnesty. En suspendant les activités des instances de l’Autorité palestinienne, le Hamas les a remplacées par une structure «dépourvue de personnel dûment formé, de mécanismes de responsabilisation et de garanties»
Violations des droits et torture en Cisjordanie par le Fatah
En Cisjordanie, les forces du Fatah détiennent des centaines de militants du Hamas de façon arbitraire et des allégations de tortures ont été mises en avant. En outre, des partisans du Fatah commettent des enlèvements et incendient des maisons, des commerces et même des bureaux d’associations caritatives ayant des liens présumés avec le Hamas. Et cela en toute impunité», note Amnesty.
Silence de la communauté internationale
Amnesty soutient que la communauté internationale ne semble pas vouloir faire pression sur l’Autorité palestinienne, à quelques semaines de la conférence d’Annapolis, au Maryland, visant à relancer les négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. De part et d’autre, les arrestations se chiffrent à plus d’un millier dans les deux territoires. Les détentions arbitraires peuvent durer plus de deux semaines. Les violences incessantes confinent les civils dans leur maison.
Dans son rapport, l’ONG des droits de l’homme demande la mise sur pied d’une commission indépendante d’experts pour enquêter sur les violations des droits de l’homme dans les territoires palestiniens depuis la victoire du Hamas aux élections législatives, en janvier 2006. L’organisme demande tant à l’Autorité palestinienne qu’au Hamas de prendre des mesures pour mettre fin aux violations.
«La communauté internationale doit s’assurer que la population de la bande de Gaza ne soit pas punie pour les actions de l’administration de fait du Hamas et que l’aide d’urgence, essentielle pour satisfaire les droits fondamentaux de l’homme, ne soit pas utilisée comme une monnaie d’échange en vue d’objectifs politiques», déclare le directeur d’Amnesty International pour le Moyen-Orient, Malcolm Smart. L’ONG demande aussi à la communauté internationale de cesser les ventes et les transferts d’armes au Hamas et au Fatah, tant que les violations des droits de l’homme ne cesseront pas.
En juin dernier, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, limogeait le gouvernement du Hamas, après que les forces de sécurité du mouvement islamiste eurent pris le contrôle de la bande de Gaza. Ces événements faisaient suite à des mois d’affrontements entre le Hamas et le Fatah, duquel est issu le président Abbas. (apic/amnesty/vb)



