L’Eglise catholique ne renoncera jamais à découvrir la vérité
Panama: L’Eglise va entreprendre sa propre recherche sur les disparus du régime militaire
Panama, 19 janvier 2001 (APIC) L’archevêque de Panama, Mgr José Dimas Cedeño, a annoncé que l’Église catholique allait rechercher «pour son propre compte» les preuves nécessaires à l’identification des restes humains retrouvés dans l’ancien quartier militaire ” Los Pumas «, indépendamment des recherches que mèneront les autorités.
Mgr Dimas Cedeño a annoncé que l’Église ne renoncera jamais à tirer au clair la disparition, il y a vingt ans, du prêtre colombien Héctor Gallego, promoteur et défenseur des droits des paysans, disparu en 1971, au début du régime militaire qui allait rester au pouvoir jusqu’en 1989.
Le sous-directeur de la Police Judiciaire, Javier Chérigo, a appuyé la requête de l’archevêque. Il a chargé une équipe de pathologistes indépendants à prélever des échantillons qui devront permettre d’extraire l’ADN des deux premiers ossements retrouvés. Ces échantillons seront confiés à un laboratoire de News Orleans (États-Unis), dont les conclusions sont attendues pour mars ou avril. «L’Eglise a cherché un laboratoire indépendant afin d’apporter des preuves parallèlement à celles que fourniront les médecins légistes du ministère public «, a expliqué Chérigo. Lequel ministère public a lui aussi envoyé des échantillons à un autre laboratoire américain pour qu’il en extraie l’ADN.
Les fouilles menées dans l’ancien quartier militaire de «Los Pumas» ont été entamées l’an dernier, après que l’Eglise eut demandé au gouvernement de rechercher les restes du Père Gallego. Les recherches ont permis de retrouver les restes d’une femme qui n’a toujours pu être identifiée et ceux du dirigeant populaire Heliodoro Portugal, «disparu» en 1972. Les fouilles ont repris le mois dernier, et trois nouveaux squelettes ont été exhumés, qui doivent encore être identifiés.
Pour une «Commission de la Vérité»
Ces découvertes récentes ont suscité la création d’une «Commission de la Vérité», chargée de tirer au clair les cas de dizaines de personnes disparues durant le régime militaire, dans les années 70 et 80. Il y a quelques jours, Mgr Dimas Cedeño a invité le gouvernement dirigé par la présidente, Mireya Moscoso, d’intégrer au plus vite la commission.
Au début janvier, les autorités panaméennes ont ordonné que soient recherchés et interrogés les anciens chefs de la caserne de Los Pumas, parmi lesquels l’ancien général Manuel Antonio Noriega, détenu à Miami pour huit délits de trafic de drogues et de blanchiment d’argent. En attendant, les travaux d’excavation se poursuivent dans l’ancien quartier militaire, à la recherche d’éventuelles tombes clandestines et de fosses communes. Le quartier de Los Pumas est situé près de l’aéroport de Tocumen, à une trentaine de kilomètres de la capitale du pays.
Les militaires ont gouverné le Panama durant 21 ans, jusqu’à l’invasion militaire américaine de 1989 qui renversa le général Manuel Antionio Noriega, emmené de force aux États-Unis. La dictature militaire avait commencé en 1968, lorsque le général Omar Torrijos Herrera renversa le président Arnulfo Arias Madrid, dont Mireya Moscoso, l’actuelle présidente, est la veuve. (apic/cip/aci/bb)



