Chasse à l’homme sur pression des militaires colombiens

Panama : Les réfugiés colombiens victimes d’une guerre sans issue

Bogota, 20 avril 1997 (APIC) – La situation > dans laquelle se trouvent plus de 300’000 réfugiés colombiens au sud du Panama a révélé durant la troisième semaine d’avril un aspect dramatique de la guerre que vit ce pays. Une véritable chasse à l’homme organisée par le gouvernement panaméen sur pression du gouvernement colombien sème la terreur parmi la population des réfugiés composée en majorité des femmes et de jeunes. Des militaires colombiens n’hésitent pas à sévir en dehors de leurs frontières.

Les réfugiés, en majorité des femmes et des enfants de paysans, sont arrivés ces dernières semaines au sud du Panama, fuyant leurs villages d’origine en raison de l’aggravation des affrontements entre l’armée, les groupes paramilitaires et la guérilla.

Craignant une extension du conflit à son territoire, le gouvernement panaméen, en accord avec le gouvernement colombien, a décidé ces derniers jours de rapatrier les réfugiés. Il a donc lancé une véritable >, peut-on lire dans la revue >.

Selon cette revue, des forces paramilitaires colombiennes ont poursuivi les réfugiés jusque dans la province de San Blas, pénétrant dans le village autochtone Kuna pour en menacer les habitants solidaires des réfugiés.

Actions de sensibilisation

Mgr Romulo Emiliani, responsable du vicariat apostolique de Darien dans la zone panaméenne ou sont arrivés les paysans colombiens, a lancé une action en leur faveur, mobilisant les maigres ressources de la communauté de Yape, dans cette région, pour pouvoir les abriter.

Dans une déclaration le responsable du vicariat a rendu le gouvernement colombien responsable du retour forcé des réfugiés et a appelé le gouvernement panaméen à freiner le rapatriement de ceux-ci tant que la vie et les droits fondamentaux ne leur sont pas garantis dans leur pays d’origine.

Mgr Emiliani a prédit un afflux de nouveaux réfugiés et il a demandé aux deux gouvernements concernés, ainsi qu’aux Nations Unies et au Comité international de la Croix-Rouge, de créer un cordon de sécurité à la frontière, afin que les réfugiés puissent vivre temporairement dans la dignité en territoire panaméen.

Les pressions internationales se multiplient – entre autres, celles du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés – pour freiner le rapatriement forcé.

Les réfugiés sont les victimes du conflit colombien. En 1996, 181’000 personnes auraient abandonné leur foyer. Les dernières douze années, depuis l’escalade de la violence, 920’000 personnes sont devenues des réfugiés: 53 % d’entre elles sont des femmes, 54 % ont moins de 18 ans. (apic/eni/pr)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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