Suisse

Pandémie: Mgr Lovey en appelle à une Eglise «de proximité»

Face à la résurgence importante de la pandémie de Covid-19, notamment en Valais, Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, préconise le rassemblement de petites communautés de foi. Mgr Lovey appelle à respecter les mesures des autorités, tout en esquissant des voies de continuation de l’activité pastorale.

«Cette crise nous fait prendre conscience de notre appartenance à ‘une communauté mondiale… où le mal de l’un porte préjudice à tout le monde ‘», affirme l’évêque de Sion dans un message pastoral diffusé le 24 octobre 2020. Citant la dernière encyclique du pape François, Fratelli tutti, Mgr Lovey rappelle que «Personne ne se sauve tout seul, il n’est possible de se sauver qu’ensemble (N° 32)».

«Au moment où nos autorités sanitaires et politiques durcissent les mesures pour endiguer le mal, c’est un devoir pour nous, membres de l’Eglise et citoyens de ce pays, de faire corps avec les personnes qui en décident ainsi, pour le bien des habitants», écrit l’évêque. Il explique que les fidèles du diocèse sont divisés entre ceux qui trouvent les mesures trop restrictives et ceux qui pensent que l’on ne va pas assez loin.

Pétition pour un allègement

Depuis le 22 octobre, les offices religieux en Valais sont limités à 10 personnes. Une décision qui provoque du mécontentement parmi les fidèles et le clergé. Une pétition pour un assouplissement a déjà récolté des centaines de signatures. Une initiative que Mgr Jean-Marie Lovey trouve «fondée», rappelant dans le 19h30 (RTS Un) du 25 octobre, que l’intérieur des églises est un des lieux les plus sûrs. Le Conseil d’Etat valaisan a déjà souscrit à des allégements concernant les obsèques, pour lesquelles la limite des personnes présentes est passée à 30.

Messes de maison

En attendant, l’évêque invite à emprunter «un chemin différent» pour l’activité pastorale. Il appelle à former de petites communautés, qui se rassemblent à 4,5,6 …10 habitants de quartiers, d’immeubles, «dans la plus grande prudence», pour partager l’évangile et prier ensemble. Il exhorte ainsi à repenser à l’occasion de la pandémie «la conscience des chrétiens qui pensent que leur prière ne peut se vivre qu’en présence d’un prêtre, le dimanche, et à l’église». Cela ouvre le champ d’une prière entre baptisés, aussi en semaine, et à la maison.

Et l’évêque de mentionner un certain nombre de possibilités de rencontres limitées, telles que la communion à domicile, des messes de quartier, de maison, de famille, ou encore une mobilisation des enfants qui dessinent pour les résidents EMS, les malades. Pour la catéchèse, ou les différents groupes, Mgr Lovey estime possible de maintenir les rencontres, en divisant les effectifs. Il invite aussi les prêtres à se rendre disponibles pour aller sur le cimetière le 1er novembre «simplement pour saluer individuellement les familles présentes, partager un bref temps de prière et un signe de sympathie»(cath.ch/com/rts/rz)

Face à la pandémie, Mgr Jean-Marie Lovey appelle à repenser l'activité pastorale (ici lors de la bénédiction de la Maison de la Diaconie, à Sion, le 21 octobre 2020) | © Bernard Hallet
26 octobre 2020 | 11:46
par Raphaël Zbinden
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