Lutte à couteaux tirés au sein du parti au pouvoir

Paraguay: Le dictateur Oviedo à nouveau dans la course ?

Asuncion, 9 septembre 1998 (APIC) L’ex-dictateur du Paraguay tient-il sa revanche ? A peine sorti de prison, Luis Oviedo envisage d’effectuer une tournée dans tout le pays. Une manière de prééparer son retour sur la scène politique. Et une lutte à couteaux tirés au sein du Parti Colorado, auquel il appartient, tout comme le nouveau président Raul Cubas et Juan Carlos Wasmosy, son prédécesseur.

«Ma mise en liberté, est plus sûre que la prière d’un curé», avait déclare, l’ex-général Oviedo, en prison depuis plus de huit mois, à la veille de l’entrée en fonction du nouveau président du Paraguay Raul Cubas. En effet, moins de trois jours après avoir pris ses fonctions, ce dernier réduisait à trois mois la peine de dix ans de prison infligée à l’ancien dictateur, le 9 mars dernier pour tentative de coup d’état en 1996, par un tribunal militaire installé, par son prédécesseur, Juan Carlos Wasmosy, membre du même parti Colorado et néanmoins ennemi.

La libération de Luis Oviedo ne faisait aucun doute : emprisonné, par son ancien allié, Wasmosy, qui voulait ainsi l’empêcher de briguer un nouveau mandat présidentiel – pour lequel l’ex-général avait reçu l’aval du Parti Colorado -, il avait été suppléé, das la course à la présidence par Raul Cubas. Ce dernier, élu grâce à la popularité, de Luis Oviedo, paie une dette de reconnaissance, comme il s’y était du reste engagé. Mais la lutte risque d’être chaude au sein du Parti Colorado, où Wasmosy s’était imposé. Cette formation politique était aussi celle d’Alfredo Stroessner, un autre ancien dictateur, évincé, lors d’un coup d’état dirigé, par Oviedo.

A peine Raul Cubas avait-il pris ses fonctions que déjà circulaient au congrès des pétitions contre lui, y compris au sein de son propre parti, suite à la grâce présidentielle. Celle-ci a été accordée le 19 août, et Luis Oviedo a été aussitôt libéré,. Il y a une semaine, l’ex-général putschiste a même été absous par un tribunal militaire spécial.

Pour le père Francisco de Paula Oliva, jésuite du Centre Antonio Guash d’Etudes paraguayennes, plus que la grâce elle-même, c’est la rapidité, avec laquelle le nouveau président a décidé de l’accorder au général Oviedo qui a surtout surpris les Paraguayens.

Quant au père Mariano Garcia, membre de la même institution, il est d’avis que beaucoup de Paraguayens sont déçus de la décision présidentielle parce que la vague qu’elle a soulevée a détourné, le gouvernement des principaux problèmes sociaux. (apic/cip/bim/mp)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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