Plaidoyer pour le respect de l’homme et de sa dignité intrinsèque

Paris: A l’Unesco, le Saint-Siège prône la mise en place d’une véritable bioéthique

Paris/Rome, 11 octobre 2005 (Apic) Le Vatican prône la mise en place d’une véritable bioéthique. C’est ce que Mgr Francesco Follo, chef de la délégation du Saint-Siège à l’Unesco, a déclaré dans la soirée du 10 octobre 2005. Il intervenait à la tribune de la 33e session de la Conférence générale de l’organisation onusienne pour l’éducation, la science et la culture basée à Paris.

Mgr Follo a aussi abordé les thèmes de la justice et de la liberté, ainsi que celui de l’éducation. «La bioéthique nous impose de savoir ce qu’est une exigence morale, en l’occurrence celle du respect de l’homme et de sa dignité intrinsèque», a expliqué Mgr Follo.

Reconnaissant le rôle de la médecine dans l’amélioration des conditions de vie de l’homme, le chef de la délégation du Saint-Siège a estimé qu’une «situation nouvelle» s’ouvrait. «L’homme peut ou pourra mettre en jeu le destin de toute son espèce, tenté qu’il est de traiter l’être humain comme un simple matériau de laboratoire», a lancé Mgr Follo.

La majorité des habitants de la planète privés de soins

«D’un côté, l’homme affirme qu’il veut guérir et mener jusqu’à sa mort une vie digne de son humanité – mais, d’un autre côté, nous savons bien que la pénurie de médecins, d’installations médicales et de médicaments prive de ces droits la grande majorité des habitants de la planète».

Face à «ces nouveaux défis», il faut que «l’homme soit et reste un homme, vivant une vie ’humaine’ et mourant une mort ’humaine’. (.) S’il doit y avoir une ’bioéthique’, c’est d’abord pour des raisons éthiques».

L’homme sans liberté est tout autant mutilé que l’homme réduit à la réalité biologique

Le chef de la délégation du Saint-Siège a ensuite appelé à promouvoir la liberté et la justice. «En effet, l’homme sans liberté ou l’homme sans justice est tout autant mutilé que l’homme réduit à la réalité biologique de son corps. Ici encore, une dimension entière de son être, que l’on peut qualifier de spirituelle, se trouve niée. Privé de liberté et de justice, l’homme n’est plus vraiment un homme: il est aliéné».

Mgr Follo a par ailleurs abordé un troisième thème, celui de la vérité. «L’homme peut-il vivre humainement s’il lui est impossible de dire la vérité ? ” s’est-il interrogé. Pour lui, «la philosophie récente s’est parfois montrée minimaliste sur ce sujet». «Il nous faut affirmer qu’il n’y a pas de liberté et de justice qui vaillent sans qu’elles reposent sur la vérité dans les relations mutuelles entre les hommes, au moyen de la confiance réciproque», a insisté Mgr Follo.

Enfin, le diplomate du Vatican a évoqué le problème de l’éducation «basée sur le développement intégral de l’être et sur le caractère central de la personne». «L’éducation véritable n’a pas pour unique objectif de former des citoyens. Elle n’a pas non plus pour but de ne former que des hommes cultivés. L’éducation doit viser toujours plus, et former des personnes, libres et responsables, notamment en ce qui concerne le comportement en matière affective et sociale», a-t-il conclu.

Le 2 juin 1980, lors du premier voyage en France de son pontificat, Jean Paul II avait visité l’Unesco. Son successeur, 25 ans plus tard a demandé la mobilisation des énergies de l’intelligence en vue de la reconnaissance des droits de l’homme à l’éducation et à la culture. Dans une lettre adressée le 24 mai 2005 à l’Unesco à l’occasion du 25e anniversaire de la visite de son prédécesseur, Benoît XVI a rappelé que «Jean Paul II (.), fort de son expérience personnelle et culturelle, a toujours souligné dans ses enseignements la place centrale et irremplaçable de l’homme, ainsi que sa dignité fondamentale, source de ses droits inaliénables». (apic/imedia/hy/be)

11 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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