Œcuménisme et dialogue interreligieux
Paris : Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECF)
Fribourg, 6 juin 1997 (APIC) Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence épiscopale, le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France (EPF), et Mgr Jérémie, président du Comité interépiscopal orthodoxe en France, ont fait part à la presse des travaux récents du Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECF), et du rassemblement œcuménique de Graz.
Le Conseil du CECF réuni les 1er et 2 mai a réfléchi aux possibilités de favoriser une diffusion plus grande de la Bible. Pour le pasteur Stewart, c’est «l’extrême qualité, contre toute attente, de sa version en français fondamental, qui mérite qu’on soutienne sa diffusion la plus large».
Une autre ambition serait «de mettre au travail des historiens qui réécriraient l’histoire de nos conflits pour restructurer notre mémoire, «entreprise difficile mais souhaitable». «Nous sommes convaincus que la réconciliation suppose de ne pas faire table rase du passé, au contraire», souligne le président de la FPF, en précisant que le CECF voit là une contribution à la préparation du 3ème millénaire et au Jubilé.
La CECF a encore décidé de rencontrer celles des communautés chrétiennes qui n’en sont pas membres, et d’organiser d’ici à deux ans un nouveau grand colloque destiné aux chrétiens qui vivent sur le terrain. Le 2ème rassemblement œcuménique européen de Graz à la fin juin est une échéance importante pour le CECF.
Mgr Billé s’est pour sa part fait l’écho de Mgr Vilnet déplorant, au cours d’un récent colloque du CECF, que la Rencontre œcuménique de Bâle n’ait pas suscité un intérêt médiatique plus grand, et qu’elle ait eu aussi peu d’échos dans les Eglises de France. Et de souhaiter qu’il n’en soit pas ainsi après Graz.
Mgr Jérémie qui espère vivement de son côté que les journalistes ne s’attacheront pas seulement «aux divers différents entre Eglises qui ne manqueront pas de s’exprimer à Graz, car ce ne sera pas facile», mais qu’ils souligneront plutôt «toutes les convergences et la bonne volonté mise en œuvre».
Pourquoi le patriarche œcuménique a-t-il fait savoir qu’il ne se rendra pas à Graz, alors qu’il a toujours souligné l’intérêt de cet événement et manifesté son souhait d’être présent ?
Mgr Jérémie répond que l’intérêt de Mgr Bartholomé Ier pour les questions oecuméniques n’est pas en cause et nie qu’il s’agisse d’une affaire interorthodoxe entre le patriarche de Moscou et celui de Constantinople, le premier ayant été invité à rencontrer le pape à Vienne, la veille de la journée de la rencontre de Graz, mais pas le second. Il laisse pourtant entendre à demi-mots que des questions de préséance liées à l’exercice de la primauté d’honneur du patriarche de Constantinople sur celui de Moscou, pourraient expliquer la décision de celui-ci de se retirer.
Quelle place sera faite à l’œcuménisme pendant les JMJ ?
A propos des Journées Mondiales de la Jeunesse célébrées en août à Paris, Mgr Billé explique que le pape et l’Eglise catholique ne feront pas comme s’ils ne s’étaient pas aperçus que la messe pontificale à Paris coïncide avec l’anniversaire du massacre de la Saint -Barthélémy. «Cet anniversaire ne concerne que la France, ce qui n’enlève rien à son importance, alors que les JMJ sont un événement mondial. La cardinal Lustiger a manifesté le désir de faire quelque chose. Je le souhaite aussi. Mais il y va de la purification et de la réécriture de la mémoire : C’est trop important pour n’être pas minutieusement préparé» commente le président de la Conférence des Evêques.
Enfin, quid du prochain anniversaire de l’Edit de Nantes, qui a rétabli en 1598 la liberté de culte pour les protestants ? Curieusement, le CECF n’en a pas parlé. «Des actions œcuméniques seront organisées à cette occasion, mais plus au niveau local que national», répond Mgr Billé.
Le pasteur Stewart voit ses mandats à la tête de la FPF arriver à expiration. Il a tenu à souligner que sa participation à cette instance œcuménique avait été la source «d’un enrichissement permanent», notamment grâce à la grande variété des sujets abordés. «On ne peut être chrétien sans être passionné d’œcuménisme et il est impossible d’être passionné d’œcuménisme sans s’investir dans le dialogue interreligieux», a-t-il déclaré. (apic/com/aa)




