Paris: Des dizaines de milliers de «sans-papiers» risquent le renvoi
Grève de la faim au temple des Batignolles:
L’Eglise réformée solidaire
Paris, 1er juillet 1998 (APIC) A l’instar des catholiques, l’Eglise réformée de France apporte son soutien aux personnes «sans-papiers» qui ont trouvé refuge dans ses temples. Trente d’entre elles entament leur troisième semaine de grève de la faim, ouverte le 16 juin au temple des Batignolles, à Paris. Deux ans après l’occupation de l’église St-Bernard, le sort des sans-papiers revient au devant de la scène.
Depuis plus d’un mois, les protestants de la Mission populaire évangélique et l’Eglise Réformée de France (ERF) à Paris accueillent les personnes sans papiers du 3e collectif. C’est là que le pasteur Jean-Marc Viollet, président du Conseil régional de l’Eglise réformée de France en région parisienne, a précisé la position de l’ERF.
Le 3e collectif des sans-papiers regroupe 1200 personnes dont la moitié, précise Jean-Marc Viollet, n’ont pas obtenu de réponses à la demande de régularisation de leur situation. Les autres ont obtenu une réponse négative «alors qu’ils correspondaient, semble-t-il, au critères fixés par la circulaire du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement». Le temple des Batignolles, dans le 17ème arrondissement de Paris, est le troisième lieu protestant investi par les sans-papiers, après la Mission évangélique populaire de la rue de Grenelle et un temple situé dans le 20e arrondissement. Réunis le 5 juin pour évoquer la situation, les pasteurs de l’ERF sont convenus de donner leur accord à une «transhumance» du collectif des sans-papiers dans les divers temples dont ils ont la charge.
La solidarité, plutôt que la Fête du cinéma
Jean-Marc Viollet insiste pour parler de «personnes sans-papiers et non pas, comme le font les médias sans autre forme, de «sans papiers» et rappelle «leur dignité d’être humain qui ont une insertion dans notre société, même si elle n’est pas reconnue.» Et d’expliquer : «Nous ne voulons pas nous dérober à l’exigence de l’évangile de porter secours aux plus démunis.» Le président du Conseil régional de l’Eglise réformée de France en région parisienne prend également soin de préciser que l’engagement de son Eglise n’est pas politique au sens politicien du terme mais qu’il s’agit d’abord d’accompagner des personnes en difficulté et de favoriser un meilleur dialogue entre elles et les autorités de la République
Dans un courrier en date du 9 juin, Jean-Marc Viollet a suggéré au ministre de l’intérieur de faire appel aux médiateurs de la République pour procéder à un réexamen collectif de 70’000 dossiers qui n’ont pas abouti. L’ERF n’a pas reçu à ce jour de réponse du ministère de l’intérieur. Lequel n’entend réexaminer les dossiers refusés qu’au cas par cas.
Par ailleurs, une vingtaine de personnalités du cinéma dont Bertrand Tavernier, Costa-Gavras, mais aussi Véra Belmont, Romain Goupil, Otar Iosseliani, Cédric Klapisch, ainsi que des producteurs, photographes, attachés de presse, monteurs, distributeurs ont choisi de se rendre mardi soir auprès des «sans-papiers» du temple des Batignolles plutôt qu’à la Fête du cinéma au Ministère de la culture. (apic/jcn)



