Paris: Droits des enfants dans le monde: Le BICE tire la sonnette d’alarme

«Mobilisons-nous pour que chaque enfant ait un avenir !»

Paris, 4 juin 2008 (Apic) A la veille des 20 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant, le Bice (Bureau international catholique de l’enfance), mais aussi dans le cadre de son 60e anniversaire, tire la sonnette d’alarme et dresse un bilan de la situation des enfants par-delà le monde. Un bilan en demi-teinte, pour ne pas dire pas brillant.

Quatre groupes experts internationaux mandatés par le BICE évoquent dans un rapport – «Mobilisons-nous pour que chaque enfant ait un avenir !» – fouillé les «avancées les plus prometteuses», mais aussi et surtout les dénis les plus graves et les nouveaux défis en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Europe et CEI (Communauté des Etats Indépendants).

Aux yeux du BICE, quelques avancées sont à noter. La Convention est un texte en évolution permanente, enrichi grâce au Comité des droits de l’Enfant et aux plaidoyers des ONG (organisations non gouvernementales). Cette nouvelle approche implique pour les Etats, l’obligation de créer un environnement protecteur pour les enfants». Selon l’organisation, un certain nombre de tabous commencent aussi à tomber: la question des abus sexuels est notamment davantage abordée.

Autre point à mettre à l’actif: la justice des mineurs a connu des progrès significatifs ces vingt dernières années. Un exemple probant selon le BICE: «la séparation des mineurs et des adultes dans les prisons». Encore que ce constat est loin d’être systématique.

Mais les dénis commis à l’encontre des enfants sont toujours aussi significatifs. Même après 20 ans. Parmi eux figurent bien entendu la pauvreté et l’exclusion. Les progrès globaux qu’a permis la mondialisation s’accompagnent aussi d’un accroissement des inégalités entre les pays et à l’intérieur même des pays. «Ce qui induit des phénomènes de grande pauvreté et d’exclusion qui fragilisent les familles et les communautés traditionnelles. Les enfants en sont les premières victimes».

L’importance des violences intrafamiliales

Autre plaies: les violences intrafamiliales. Les experts du BICE soulignent l’importance des violences intrafamiliales avec les traumatismes profonds qu’elles entraînent pour les enfants; l’impact de la migration sur les enfants: les migrations internes et transfrontalières, assure le BICE, sont en très nette augmentation dans les quatre régions du monde étudiées: une façon de fuir des situations devenues insupportables, au péril de sa vie. En famille ou seuls, des enfants quittent leur pays. D’autres dont les parents sont partis sans eux, se retrouvent sans famille. «Ce phénomène est source de traumatismes profonds et durables pour l’enfant car il détruit les liens d’attachement indispensable à son développement».

Pour le BICE, cette première esquisse inédite de la situation des droits de l’enfant dans le monde fait apparaître la nécessité d’une remobilisation autour de la dignité et des droits de l’enfant tel que stipulé dans la Convention et dans les autres traités des droits de l’homme. (apic/com/pr)

4 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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