France: Expulsion des Roms: manifestations de Paris à Istanbul
Paris fait l’unanimité ou presque contre sa politique
Paris, 27 août 2010 (Apic) Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope estime, dans un rapport publié jeudi, que l’expulsion de centaines de Roms vers la Bulgarie et la Roumanie s’inscrit dans « une politique répressive qui accentue la précarité en même temps qu’elle favorise des comportements racistes ou xénophobes» à l’égard des Roms.
Le même rapport souligne que le nombre de Roms présents sur l’ensemble du territoire français est stable depuis plusieurs années, de l’ordre de 10’000 à 15’000 personnes. Pour ce collectif, «la réalité est donc très loin derrière les discours politiques du gouvernement, et de l’extrême droite française, qui agitent le spectre d’une ’invasion’».
Après les 681 Roms ››rapatriés’’ la semaine dernière, – certains ›› avec leur consentement’’-, avec une somme de 300 euros, jeudi, 283 autres ont quitté le territoire pour la Roumanie à bord d’avions payés par l’Etat français.
Soulignant que les Roms constituent la plus grande minorité ethnique de l’Union européenne, Viviane Reding, la commissaire chargée de la Justice et des Droits fondamentaux, a déclaré qu’elle admet que «ceux qui enfreignent la loi doivent faire face aux conséquences» en insistant toutefois sur le fait que «personne ne devrait être expulsé juste parce qu’il appartient à la communauté des Roms».
Les mesures françaises ont été dénoncées par l’agence du Conseil de l’Europe contre l’intolérance (Ecri), qui estime qu’il s’agit d’une évolution particulièrement négative. De son côté, Petru Gherghel, responsable de la pastorale des migrants de la Conférence des évêques roumains a rappelé les valeurs de l’hospitalité et a souligné que l’expulsion des Roms non seulement n’est pas la solution mais peut avoir des conséquences fâcheuses.
Pendant ce temps, les Roms de Turquie ont manifesté dans les rues d’Istanbul, contre les mesures françaises, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques a estimé à propos des déclarations du gouvernement et du président Sarkosy qu’il se développe un «climat malsain dans notre société». (apic/misna/pr)



