Un espace d’expression artistique au service des malades du sida
Paris: Journée mondiale contre le sida
Paris, 6 novembre 1997 (APIC) Dans le cadre de la Journée mondiale contre le sida, une soirée jazz est organisée le 30 novembre à Paris pour financer l’atelier des Epinettes, un espace convivial d’expression artistique pour malades du sida. Une initiative conjointe de Denis Trinez, frère Trinitaire et diacre permanent et de Carlo Velez, animateur d’un atelier d’art plastique.
Huit formations de jazz joueront en alternance, sans demander de cachet, au «New Morning», haut lieu parisien de jazz. Le produit des entrées servira à combler le financement de l’atelier des Epinettes, qui fonctionne que sur des fonds privés.
Denis Trinez et Carlo Velez sont partis d’un même constat: les malades du sida hospitalisés pendant de longs mois éprouvent à leur sortie une grande frustration de se retrouver seuls et de ne plus pouvoir continuer à pratiquer les arts plastiques. Leur permettre de faire face à l’isolement, prouver que l’on peut avoir des projets à long terme, même en étant malades du sida, tel est le sens de l’atelier des Epinettes, dont le local est prêté par l’archevêché de Paris. Un pari largement gagné. L’atelier rencontre un succès croissant.
Outre les arts plastiques pratiqués dès le début de l’expérience, il permet aujourd’hui à 45 personnes de pratiquer le théâtre, le chant, la sculpture avec des matériaux de récupération, l’expression écrite, ou encore, le vendredi un atelier appelé «convivial» sans obligation d’activité, pour le simple plaisir d’être ensemble. Il est prévu de réaliser un nouveau projet: un atelier théâtre-clown, le dimanche.
Pour Denis Trinez, «les tri-thérapies appliquées désormais aux malades du sida apportent une espérance de vie plus longue. Les perspectives ont donc complètement changé tant pour les malades que pour ceux qui les accompagnent. On est arrivé sans le savoir au bon moment car on répond à une demande forte de lieux intermédiaires qui permettent de se remettre debout».
L’atelier est non-confessionnel et l’on ne fait aucun prosélytisme, précise encore Denis Trinez. «Il s’agit d’abord de la rencontre des autres dans la convivialité. Il y a d’abord des amis qui cheminent ensemble et qui vivent intensément les événements quotidiens à cause de leur maladie. Ce qui compte, c’est la dynamique qui consiste à donner du sens à la vie de chaque jour. C’est pour moi et pour les bénévoles une chance, car vraiment nous apprenons autant que nous donnons». (apic/jcn/ba)



