En France, la baisse des vocations est inquiétante
Paris: Journée mondiale des vocations
Paris, 22 avril 1998 (APIC) Le dimanche 3 mai sera célébrée la Journée mondiale de prière pour les vocations. L’occasion de sensibiliser les catholiques à la question de la relève des prêtres et des religieux et religieuses. Depuis 25 ans, en France, le nombre des candidats au ministère presbytéral est relativement stable, mais bien trop faible. L’Eglise enregistre une diminution moyenne par an de 800 prêtres diocésains et de 300 prêtres religieux.
En 1996, seulement 200 séminaristes sont entrés en 1ère année de formation et 128 prêtres diocésains ont ét ordonnés. Selon la sociologue Danièle Hervieu-Léger, en 2025 il n’y aura en France que 8 à 10’000 prêtres: autrement dit, le clergé comme corps social repérable aura disparu.
«La situation est grave car elle affecte le présent et l’avenir de la mission de l’Eglise. De fait, la courbe des vocations est rigoureusement symétrique à celle de la pratique religieuse (la pratique religieuse hebdomadaire ne concerne que 4% seulement des jeunes de 18 à 24 ans)» admet le père Jean-Marie Launay, responsable du Service national des vocations (SNV). Il souligne trois éléments qui ont marqué la vie chrétienne en France au cours des trente dernières années: un contexte particulier de laïcité, le départ de nombreux prêtres et religieux, enfin les querelles théologiques ou pastorales qui opposent les divers courants de l’Eglise et les affaires Lefèbvre et Gaillot qui ont donné une image négative de l’Eglise de France.
Toutefois, estime-t-il, les temps deviennent plus favorables pour un renouvellement de la pastorale des vocations. En ce qui concerne les jeunes particulièrement, il précise qu’il faut «chercher et favoriser tout ce qui peut aider à une rencontre personnelle du Seigneur, à vivre avec lui une expérience d’Eglise responsable». C’est là que l’accompagnement personnel, notamment le compagnonnage entre jeunes et plus anciens, prend tous son sens.
Enfin et ce n’est pas rien, l’ouverture à l’universel permet de «relativiser de nombreuses angoisses franco-françaises. Or, la peur c’est la grippe de la société. L’Eglise, elle aussi, est touchée par cette maladie contagieuse. Si nous avons peur, l’Evangile n’a pas d’avenir». (apic/jcn/ab)




