Comprendre et réagir

Paris: Justice et Paix s’interroge sur les minorités chrétiennes menacées

Paris, 18 mai 2001 (APIC) Justice et Paix-France et la faculté de sciences économiques de l’Institut catholique de Paris (Fasse) organisent un colloque intitulé «Minorités chrétiennes menacées: comprendre et réagir». Joseph Maïla, doyen de la Fasse, en situe les grandes lignes et précise l’objet de sa propre intervention.

«Simples discriminations ou véritables persécutions, les situations sont fort différentes d’un pays à l’autre. On peut cependant repérer deux grands types d’explications: le christianisme est perçu comme religion étrangère et se voit donc rejeté par ceux qui veulent identifier une religion à une nation particulière. Ou bien il est perçu comme un obstacle à une volonté d’homogénéisation politique communiste) ou religieuse (islamiste). Personnellement, je m’interrogerai sur le processus psychologique qui conduit à réduire l’autre à son seul statut religieux, quand bien même cet autre n’est pas croyant».

Pourquoi, lorsque le sentiment d’appartenance nationale se délite, est-ce l’identité religieuse qui prend le dessus? «Concernant les islamistes, je rappellerai que le social s’articule pour eux autour de trois termes. Un: la loi ou la charia;. deux : la consultation des élites musulmanes; trois: le djihad, qui peut aller de l’effort de prosélytisme jusqu’au combat véritable. C’est ainsi qu’en Iran les Bahaïs sont persécutés. Je dirai également qu’il faut avoir à l’esprit que selon la perspective musulmane, seuls les gens du livre, juifs et chrétiens, peuvent êtres sauvés. Le statut de dhimmis qui leur est un statut de protection en tant que minorité politique et citoyens de deuxième zone, jouissant d’une liberté restreinte. En Egypte, par exemple, les coptes ne peuvent pas accéder à la plus haute fonction (présidence de la République)».

Après avoir interrogé les arguments opposés aux minorités chrétiennes, on s’interrogera ensuite sur la manière dont il convient, pour des chrétiens, de réagir à des situations de persécution: entre tendre l’autre joue et se défendre comme n’importe quel autre groupe, quelle est l’attitude juste? Et comment soutenir, depuis notre Occident sécularisé, des combats dont les enjeux nous semblent parfois peu familiers? (apic/jcn/pr)

18 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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