Paris: L’appel à la paix de «Témoignage Chrétien» récolte 13’000 signatures

A la rencontre des acteurs de la paix au Moyen-Orient

Paris, 29 septembre 2002 (APIC) Le magazine français «Témoignage Chrétien» (TC) lançait en avril un appel interreligieux pour la paix au Proche- Orient. Treize mille personnes de confessions juives, chrétiennes et musulmanes l’ont signé. TC publie cette semaine un numéro spécial avec les messages de quatorze personnalités religieuses et politiques adressés aux signataires. Il organise par ailleurs un voyage interreligieux à Jérusalem du 19 au 26 février prochain, à la rencontre des acteurs de paix palestiniens et israéliens.

Identifié comme «L’hebdo des chrétiens de gauche», connu plutôt pour son engagement pro-palestinien, «Témoignage Chrétien» entend aujourd’hui mobiliser les enfants d’Abraham au service de la paix au Proche-Orient. Intitulé «Cessez-le-feu nom de Dieu», l’appel interreligieux lancé le 11 avril dernier avait des allures de coup de gueule impatient et de provocation. Relayé par la presse, le coup a joliment réussi puisque, au final, ce sont 13’000 signataires qui ont répondu présent.

TC, qui n’en espérait pas tant, ne veut pas en rester là et publie cette semaine le message de quatorze personnalités aussi diverses qu’Elie Barnavi, ambassadeur d’Israël en France, Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, Romano Prodi, président de la Commission européenne, ou les cardinaux Francis Arinze et Roger Etchegaray. Sans oublier Dalil Boubakeur, le recteur de la mosquée de Paris et le grand rabbin René-Samuel Sirat. Tous se félicitent de l’initiative lancée par TC et en appellent à la reprise des négociations israélo-palestiniennes.

Pour présenter ce numéro, ainsi que le «Manifeste des 13’000» – comprenant notamment le nom de tous les signataires – et son projet de voyage interreligieux à Jérusalem (voir encadré), TC organisait ce vendredi 27 septembre une conférence de presse, en présence du rabbin Daniel Farhi, du Mouvement juif libéral de France et de François Mabille, du Centre de recherche pour la paix de l’Institut catholique de Paris.

Les hommes de religion facteurs de troubles

Daniel Farhi a rappelé combien il était difficile aujourd’hui de faire entendre une voix pacifique dans la communauté juive française. Notamment parce que les juifs d’Afrique du Nord, les Sépharades, sont très nombreux en France. Raison de plus, souligne-t-il, pour s’engager aux côtés de TC afin de montrer que si les hommes de religion ont été plutôt facteurs de trouble dans le passé, tel ne doit plus être le cas aujourd’hui. François Mabille a souligné pour sa part le rôle considérable des médiateurs de la société civile en tant que relais de médiateurs politiques absents ou inefficaces. Michel Cool, directeur de TC, a fait valoir que l’initiative interreligieuse de paix lancé par son journal s’inscrit en conformité avec la devise qui fut longtemps la sienne : «Vérité et justice quoi qu’il en coûte.» JCN

Encadré:

Un voyage interreligieux en Terre sainte

Ouvert à tous les croyants – juifs, chrétiens et musulmans -, le voyage organisé par TC du 19 au 26 février 2003 sera animé par Ghaleb Bencheikh, théologien musulman, par le rabbin Philippe Haddad, par Mgr Jean-Luc Brunin, président du Comité épiscopal des migrations et des gens du voyage, ainsi que par Nicole Fable, pasteur et bibliste, et Dominique Ponnau, président du Comité pour le patrimoine culturel et directeur honoraire du Louvre. TC mise sur la participation d’une centaine de personnes. Les participants iront à la rencontre des artisans de paix israéliens et palestiniens à Jérusalem, à Bethléem et en Galilée. (apic/jcn/bb)

29 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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