Sa pauvreté garantit l’authenticité de son action

Paris: La France a rendu un hommage national à l’abbé Pierre

Paris, 26 janvier 2007 (Apic) Le président Chirac, le premier ministre de Villepin, le gouvernement presque au complet et des figures du monde artistique, caritatif et religieux étaient présents, vendredi, aux côtés des compagnons d’Emmaüs et d’anonymes, pour rendre un dernier adieu à l’abbé Pierre. Dans son homélie, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a souligné que «non seulement il a toujours défendu les pauvres, mais il a vécu lui-même comme un pauvre».

«Jusqu’au bout de sa course, malgré sa notoriété, il a gardé la pauvreté. Cela garantit l’authenticité de son action», a lancé le cardinal Barbarin en hommage au fondateur des communautés Emmaüs, décédé lundi à 94 ans. La messe de funérailles a été présidée à la cathédrale Notre-Dame par l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois.

La cérémonie a également vu la présence ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, du maire de Paris Bertrand Delanoë, du socialiste Jack Lang et du président de l’UDF François Bayrou. Les principales religions étaient également représentées avec notamment le président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur, mais aussi un dignitaire orthodoxe et un bouddhiste. Parmi les artistes et représentants du monde du spectacle figuraient Robert Hossein, Laetitia Hallyday, Jean Reno et Lambert Wilson.

Bravant le froid hors de la cathédrale, une foule de 2’5’00 personnes dans laquelle figuraient de nombreux sans-abri pouvait suivre sur deux écrans géants l’office retransmis en direct à la télévision.

Emmaüs: un chemin, une maison et un repas

Dans son homélie, le cardinal Barbarin a résumé la vie et l’oeuvre de l’abbé Pierre en un mot: Emmaüs. Pour lui, reprenant le récit biblique d’Emmaüs, ce nom représente un chemin, celui qu’a fait prendre l’abbé Pierre à ses nombreux compagnons depuis la fin des années 1940. «On les regardait comme des exclus ou des blessés de la vie, mais en vérité, ils étaient devenus des semeurs d’espérance. Il avait suffi que quelqu’un fasse jaillir en eux la source, pour que toute leur humanité soit à nouveau irriguée», a affirmé l’archevêque de Lyon en évoquant les pauvres relevés par le fondateur de la communauté d’Emmaüs.

Emmaüs, ensuite, évoque pour le cardinal Barbarin une maison, «un refuge pour tous ceux que les difficultés de la route ont épuisés ou égarés». Comme cette pauvre baraque, trouvée à Neuilly Plaisance, en 1947, et qui devint le premier refuge «Emmaüs». Puis, durant l’hiver 54, l’abbé Pierre fera entrer tout un peuple dans «l’insurrection de la bonté». «Cinquante ans plus tard, l’aventure continue, et le combat est loin d’être gagné», a lancé le prélat.

Emmaüs, enfin, «c’est un repas, une révélation et un nouveau départ». «Dans les Foyers, on trouve une table ouverte pour une nourriture simple ou un repas de fête. Chacun a sa place, la conversation est animée, et, en hiver, le café chaud est apprécié de tous ; grand moment de la vie quotidienne et fraternelle», a affirmé le cardinal Barbarin, en remerciant Dieu «de nous avoir donné un tel frère».

L’abbé Pierre est inhumé dans l’intimité vendredi vers 17h30 dans le cimetière d’Esteville (Seine-Maritime) près de ses compagnons de la première heure, Lucie Coutaz, sa secrétaire durant 40 ans, et Georges Legay, le plus ancien compagnon. (apic/com/ag/bb)

26 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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