Paris: Lancement en mars prochain de l’Agence d’Information Reporters d’Espoirs
Pour une information «porteuse de solutions»
Annecy/Paris, 30 janvier 2007 (Apic) «Le désespoir fait vivre. les journaux», lance un brin provocateur Loïc Hervouet. L’ancien directeur général de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) se fait le promoteur d’une association encore peu connue en dehors de l’Hexagone, Reporters d’Espoirs (*), et de sa future agence d’information.
Depuis 2004, cette association basée à Paris décerne ses prix à des projets «porteurs de solutions», pour valoriser ce type de travail journalistique. Elle va lancer fin mars prochain sa nouvelle «Agence d’Information Reporters d’Espoirs».
Histoire non pas de distiller une «information positive» ni de «peindre le monde en rose», mais de proposer des solutions d’avenir aux problèmes de la société, précise Patrick Busquet, son directeur général. «Une telle agence relatant la problématique et ses solutions n’existe pas encore pour le moment.il nous faut un journalisme plus ’proactif’. La presse, en quelque sorte, n’est pas en conformité avec la vie réelle; il y a une énorme distorsion entre la réalité de notre société et la restitution que nous en faisons dans les médias. La presse parle trop peu souvent des millions de gens qui cherchent des solutions aux problèmes de la société!».
Patrick Busquet intervenait au cours des 11èmes Journées d’Etudes François de Sales, tenues du 25 au 26 janvier à Annecy, à l’initiative de la Fédération Française de la Presse Catholique (FFPC), en partenariat avec les Universités catholiques de Lyon et de Louvain (Belgique) et le diocèse d’Annecy. Pour lui, l’information que l’on trouve dans la presse est trop souvent porteuse de marasme et de démobilisation. Il veut combattre cette tendance, «car face à une information qui risque d’être anxiogène et de laisser trop souvent le lecteur dans l’impasse, nous avons besoin de reporters qui apportent de l’espoir».
«Les Français vivent leur journal télévisé comme une souffrance»
Le point de départ de cette initiative originale, qui rassemble des journalistes, des entrepreneurs et des personnes actives dans le marketing: une étude menée par l’Observatoire du Débat Public à Paris, et publiée par le quotidien «Le Monde» le 27 novembre 2001. Elle montre que les Français vivent leur journal télévisé comme une souffrance». (**). Certes, notent les observateurs, en voulant toujours parler des «trains qui n’arrivent pas à l’heure», la presse est en certain décalage avec ce que veulent de plus en plus de lecteurs.
«Les gens vivent l’actualité avec un sentiment d’impuissance», insiste Patrick Busquet.
«L’Agence d’Informations que lance Reporters d’Espoirs est unique dans l’histoire du journalisme, des médias et de notre société. Pour que l’actualité s’ouvre davantage aux solutions, Reporters d’Espoirs mettra ce service spécialisé gratuitement à disposition de celles et ceux qui fabriquent l’information».
Les journalistes – en tous cas dans une premier temps – recevront donc gratuitement ces informations, qui seront recueillies auprès d’associations, de fondations, de collectivités et tous les porteurs d’initiatives de la société civile. Ces informations, essentiellement «françaises» au début, seront par contre vendues aux entreprises et collectivités territoriales comme les mairies ou les conseils régionaux. L’agence, qui comptera au départ une dizaine de collaborateurs, annonce un budget de démarrage de quelque 200’000 euros, récoltés auprès de «sponsors» privés et d’entreprises, principalement les partenaires fondateurs de Reporters d’Espoirs. JB
(*) www.reportersdespoirs.org
Encadré
«Les Français vivent l’information comme une souffrance» (**)
«Les Français vivent l’information comme une souffrance». Partant de ce constat, issu d’une étude de l’Observatoire du Débat Public, publiée dans «Le Monde» du 27 novembre 2001, Christian de Boisredon et Laurent de Cherisey ont décidé de créer l’association «Positive Network» (www.positive-network.org), en partenariat avec la Fondation de France. C’est le point de départ de l’association Reporters d’Espoirs, créée en août 2003. Une information peut être «positive». Les fondateurs de cette association en sont persuadés et ont pour objectif de favoriser et valoriser dans les médias «l’information porteuse de solutions».
Les solutions aux grands enjeux économiques, sociaux, humanitaires, scientifiques et écologiques existent. Les médias peuvent être les agents d’activation de ces solutions portées par des millions d’hommes et de femmes, estime l’association «Reporters d’Espoirs» qui, depuis plus de trois ans favorise l’émergence et le développement de ce type d’informations. «Les médias, formidables démultiplicateurs, peuvent contribuer à la croissance de l’esprit d’initiative, d’autonomie, de prise en mains. En favorisant la diffusion des réponses apportées ici et là aux problèmes collectifs que l’humanité rencontre, ils donneront un élan d’enthousiasme et de construction sans pareil». (apic/be)



