Plaidoyer pour une économie plus verte

Paris: Lettre de trois responsables d’Eglise au président Sarkozy et à l’UE

Londres, le 11 décembre 2008 (Apic) La crise financière et la récession économique mondiales constituent une «occasion historique» de passer à une économie à faibles émissions de carbone pour lutter contre les changements climatiques, affirment trois responsables d’Eglise européens dans une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’Union européenne.

«Le défi de la croissance économique ne peut pas être relevé indépendamment du défi de la promotion du développement durable», écrivent l’archevêque de Cantorbéry Rowan Williams, primat de l’Eglise d’Angleterre, l’archevêque Anders Wejryd, de l’Eglise (luthérienne) de Suède, et l’évêque Wolfgang Huber, chef de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD).

Les trois évêques appellent ainsi les dirigeants de l’Union européenne à imiter le président élu des Etats-Unis Barack Obama, qui a promis d’investir 75 millions de dollars pour créer cinq millions d’emplois «verts» d’ici à 2020 dans le cadre d’une série de mesures plus vastes concernant les changements climatiques.

«Bien qu’il faille encore que cette promesse se réalise, les dirigeants européens ne doivent pas se priver de prendre des mesures similaires», ont-ils indiqué dans leur lettre, qui a été publiée alors que des ministres de 189 pays se préparent à participer à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à partir du 11 décembre à Poznan, en Pologne.

Les évêques ont appelé le président Sarkozy à faire en sorte que «les considérations climatiques ne soient pas marginalisées dans la quête de solutions à court et moyen terme aux pressions économiques actuelles».

L’absurde rachat

Ces responsables d’Eglise se disent préoccupés par le fait que certains Etats cherchent à augmenter leurs quotas d’émissions de CO2 – qui peuvent être achetés à des pays en développement – au lieu de s’efforcer de réduire les émissions au sein de l’Union européenne. «Les sorts de notre économie et de notre environnement sont inextricablement liés. Le travail durable en faveur de l’intérêt commun et le respect de l’intégrité de la création divine ne sont pas des alternatives : il s’agit d’un seul et même objectif.»

Ils ont enfin appelé l’Union européenne à profiter du ralentissement économique pour construire une économie plus durable. «Plus qu’une menace, la crise financière et la récession économique actuelles constituent surtout une occasion historique de mettre en place aujourd’hui l’économie à faibles émissions de carbone de demain», affirment-ils en conclusion. (apic/eni/pr)

11 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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