Un refus du nihilisme et du pragmatisme ambiant
Paris: Mgr Josef Zycinski, évêque de Lublin évoque la nouvelle encyclique
Paris,14 octobre 1998 (APIC) Avec sa 13e encyclique «Fides et Ratio», Jean-Paul lI veut lancer un vaste mouvement de solidarité avec les intellectuels et les scientifiques pour créer un front de refus du nihilisme et du pragmatisme ambiant, relève Mgr Josef Zycinski, nouvel archevêque de Lublin
Invité de l’Association des journalistes de l’information religieuse (AJIR) à Paris le 13 octobre Mgr Zycinski n’a pas abordé le contenu même de l’encyclique mais a situé le contexte et les motivations de sa rédaction. Le pape, a-t-il souligné à plusieurs reprises, veut «développer une solidarité axiologique avec les intellectuels pour faire face tant au nihilisme contemporain qu’au purpragmatisme». Et d’évoquer «l’approche postmodernisme radicale qui nie la réflexion intellectuelle et l’homme en tant qu’animal rationnel, avec des conséquences culturelles très graves comme le développement de l’irrationnel (engouement pour l’astrologie et les sciences occultes par exemple) et l’abdication de la raison devant de supposés gourous». Autre cible : les fondamentalistes contemporains, «avec leur interprétation trop littérale et étroite de la Bible et leur critique de la modernité trop facile et primitive».
Cette nouvelle encyclique, estime le prélat, s’inscrit dans la continuité de «Redemptor hominis», qui met l’accent sur la personne humaine comme valeur centrale, et de «Veritatis splendor», qui souligne combien les valeurs transcendantes – vérité, beauté, bonté, espérance, etc. – sont les plus importantes pour notre espèce.
Comment renouer le dialogue ?
Comment le pape espère-t-il renouer le dialogue avec des intellectuels dont la plupart sont sévères vis-à-vis de l’Eglise, de son dogmatisme étroit et de son manque d’ouverture ? Mgr Zycinski répond que ce dialogue est non seulement possible mais, plus que jamais, nécessaire. Et de convoquer, à titre d’exemple, la nécessaire solidarité de l’Eglise avec les chercheurs en physique, science autrefois jugée comme science exacte idéale et aujourd’hui dénigrée au prétexte qu’elle serait coupable de tous les maux de l’humanité : dégradation de l’environnement, danger thermonucléaire, etc. Or, souligne Mgr Zycinski, la recherche de la vérité doit être poursuivie également à travers les sciences physiques.
Comment concilier cet appel à la liberté (de recherche) et les appels réitérés à la soumission de l’intelligence aux dogmes du magistère ? «Il faut distinguer les statuts épistémologiques des diverses sciences et d’autre part la théologie catholique. Pour celle-ci, l’autorité de l’Eglise doit être acceptée comme facteur de cohérence», rappelle-t-il. (apic/jcn/ab)




