Un nouveau livre du spécialiste de la Chine Dorian Malovic

Paris: Mgr Zen, un homme en colère – Entretiens avec le cardinal de Hong Kong

Paris, 14 juin 2007 (Apic) Dans un premier livre d’entretiens accordés par le cardinal de Hong Kong au journaliste Dorian Malovic (*), Mgr Joseph Zen Ze-kiun parle pour la première fois de ses combats. Actuellement interdit de séjour en Chine pour ses prises de position jugées «subversives», le «Desmond Tutu asiatique» mène la lutte depuis l’ancienne colonie britannique. Il dénonce «le double-jeu» de Pékin vis-à-vis de Rome et estime qu’il ne faut plus faire de concessions au régime en place.

Dans son livre «Mgr Zen, un homme en colère», aux Editions Bayard, Dorian Malovic rencontre le cardinal Joseph Zen qui se livre pour la première fois dix ans après le retour de l’ancienne colonie britannique de Hong Kong dans le giron chinois, le 1er juillet 1997. Il confie ses combats au journaliste du quotidien catholique français «La Croix».

Spécialiste de la Chine – il fut correspondant à Hong Kong pendant de nombreuses années – Dorian Malovic nous fait découvrir le parcours pas toujours facile de ce prélat originaire de Chine et âgé aujourd’hui de 75 ans. Il vécut un temps en Italie, où il s’imprégna de la culture européenne. Après la tornade maoïste où toutes les institutions religieuses furent fermées, Mgr Zen fut le premier prêtre hongkongais, dans les années 80, à pouvoir enseigner dans les séminaires catholiques officiels et clandestins de Chine.

Malgré les menaces chinoises, il est de tous les combats pour défendre la démocratie, la justice, les libertés individuelles et religieuses. Il s’interpose, parle et agit librement. Il dénonce les manipulations politiques de Pékin qui tient à contrôler Hong Kong et son Eglise comme les douze millions de catholiques du continent. Il parle dans ce livre de ses combats pour la défense des droits de l’homme et pour la démocratie en Chine, et de la place occupée par la religion catholique dans l’Empire du Milieu.

Selon l’auteur de l’ouvrage, il s’agit ici du témoignage de l’un des meilleurs connaisseurs de l’Eglise catholique en Chine. Mgr Zen est un informateur de premier ordre auprès de Benoît XVI qui entend ne pas rompre le dialogue avec les autorités chinoises. JB

Encadré

Mgr Jin Luxian, une figure brillante et controversée

L’an dernier, Dorian Malovic a publié un ouvrage sur Mgr Jin Luxian, évêque de Shanghai de l’Eglise officielle de Chine, intitulé «Le pape jaune – Soldat de Dieu en Chine communiste» (Edition Perrin). Notons que selon l’Annuaire pontifical du Vatican, le siège de Shanghai est toujours vacant.

Perçu par certains comme un «traître», voire un manipulateur et un collaborateur du régime communiste chinois, par d’autres comme un habile diplomate et un polyglotte séducteur, Mgr Jin Luxian, prêtre jésuite qui a passé 20 ans dans les geôles chinoises, est considéré comme le «pape jaune» de l’Eglise catholique de Chine. L’évêque officiel de Shanghai n’a jamais cessé d’entretenir le flou et le mystère autour de sa personnalité controversée et complexe.

A-t-il vraiment été marié dans les années 50 ? A-t-il un enfant naturel exilé aux Etats-Unis, comme l’en accusent ses plus farouches détracteurs? A-t-il trahi ses frères jésuites chinois en prison afin d’obtenir sa libération anticipée ? Sollicité à la fin de la Révolution culturelle par les communistes pour reprendre en main l’Eglise de Chine sous le contrôle du Parti, Mgr Jin est-il avant tout un communiste convaincu ou un patriote jésuite tout entier engagé dans la reconstruction de l’Eglise universelle, se demande Dorian Malovic. Pour la première fois, Mgr Jin Luxian a accepté de s’expliquer en exclusivité avec le journaliste de «La Croix» et de faire la lumière sur toutes les zones d’ombre de sa vie, révélant des ruptures vie radicales, de terribles cas de conscience, d’improbables pièges politiques, des haines jamais apaisées, des incompréhensions et des ignorances.

De son côté, Dorian Malovic a pu rencontrer les plus farouches accusateurs du «pape jaune». Une question essentielle demeure aujourd’hui: le Vatican a-t-il oui ou non reconnu, et pour quelles raisons, cet évêque jésuite qu’il traitait il y a encore quelques années de «suspect» ? C’est l’ultime révélation de cette exceptionnelle enquête. JB

(*) Dorian Malovic est journaliste, chef du service «Asie» au quotidien La Croix, dont il fut le correspondant de presse à Hong Kong pendant de nombreuses années. Il suit depuis plus de vingt ans l’évolution de l’Eglise catholique de Chine et ses relations avec le Vatican. (apic/com/be)

14 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!