Mgr Billé devrait démissionner le 6 novembre

Paris. Présentation des travaux de l’assemblée plénière des évêques

Paris, 26 octobre 2001 (APIC) La conférence des évêques de France a présenté le 25 octobre le programme de son assemblée plénière, qui se déroulera du 4 au 10 novembre à Lourdes. Le cardinal Louis-Marie Billé, atteint d’un cancer du colon, remettra prochainement sa démission de président de la Conférence épiscopale. Deux grands dossiers seront ouverts cette année à Lourdes : le mariage et la catéchèse. Ils s’ajouteront à ceux de la pédophilie, des dérives sectaires et des autres thèmes en cours.

Le cadinal-archevêque de Lyon devait accueillir les journalistes, à Paris, pour présenter l’assemblée de Lourdes. Or, il vient d’entreprendre une chimiothérapie pour un cancer du colon. Mgr Billé présidera néanmoins la messe d’ouverture de l’assemblée plénière, animée par 8000 choristes. Il confirmera probablement sa démission au cours d’un point presse qu’il donnera le mardi 6 novembre et fera connaître le nom du nouveau président, élu la veille à la majorité des deux tiers par 112 évêques.

L’épiscopat français travaillera à Lourdes plusieurs questions en cours. Il se penchera sur le Service Accueil Médiation (SAM), créé l’an dernier pour parer aux dérives sectaires dans l’Eglise. La réforme des provinces ecclésiastiques, un dossier lourd et long, devrait être votée cette année. L’objectif étant de permettre à des diocèses voisins de mieux coopérer.

Autre question d’actualité: la pédophilie. «Des prêtres accusés de pédophilie sortent de prison. Comment pouvons-nous les aider?», souligne Mgr Lagoutte, secrétaire général de l’épiscopat dont le mandat arrive à son terme. Les rapports Etat/Eglise, la situation financière, le renouvellement de quatre membres du Conseil permanent et un rapide bilan du synode des évêques seront également à l’ordre du jour. Sans oublier la situation internationale sur laquelle les évêques français se sont jusqu’à présent exprimés à titre individuel. Le père Stanislas Lalanne, porte-parole de la Conférence des évêques, laisse entendre qu’ils pourraient délivrer une parole commune depuis Lourdes.

Ouverture des dossiers «mariage» et «catéchèse»

Deux dossiers seront ouverts cette année: le mariage et la catéchèse. Objectif : tenir compte des évolutions sociologiques afin d’aider les prêtres et les évêques à mieux y faire face.

Mgr Guy Thomazeau, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, membre du Conseil permanent en charge du dossier sur le mariage, souligne que trois commissions – doctrinale ; de la famille ; de la pastorale liturgique et sacramentelle – sont impliquées. Et d’évoquer la fragilisation croissante des couples, les nouvelles dispositions législatives (sur le PACS ou la réforme du divorce) insatisfaisantes et autres évolutions de la société française comme autant d’interpellations de l’Eglise. Mais aussi de regretter que le nouveau rituel du mariage, attendu au printemps dernier, ne soit pas encore disponible. «Les nouveaux documents, tel le guide de l’entretien en vue du mariage, ne sont pas suffisants. Nous devons travailler dans la ligne de la nouvelle proposition de la foi élaborée à partir du rapport de Mgr Dagens. Il nous faut pendre en compte les cas où l’un des conjoints n’est pas baptisé ainsi que les cas où les conjoints, baptisés, ont perdu tout contact avec l’Eglise.», fait-il valoir.

Les évêques évoqueront le travail d’accompagnement mené auprès des divorcés remariés. «Mais si l’Eglise accompagne les personnes en difficulté, elle n’a pas pour autant vocation à faire de la préparation au divorce» fait valoir Mgr Thomazeau.

42’000 enfants non-baptisés suivent la catéchèse

Autre dossier récurrent, la catéchèse a été abordée pour la dernière fois en assemblée plénière en 1992. Les données ont évolué depuis. On compte désormais un enfant catéchisé – qui a suivi un processus catéchétique – sur trois en France. La diffusion du manuel «Pierres Vivantes» a baissé mais il s’en vend encore 65’000 exemplaires chaque année. Aujourd’hui 42’000 enfants non-baptisés suivent le catéchisme.

Autres nouveautés : la demande de réponse à des questions existentielles que posent de nombreux parents d’enfants catéchisés, ou encore des expériences diverses comme celle de coupler la formation catéchétique à la célébration du dimanche (l’Ecole du dimanche). Expérience marginale car l’Eglise de France reste attachée au catéchisme du mercredi, rendu possible parce que la loi française rend ce jour libre pour les écoliers. «Si d’aventure la loi devait être modifiée, il faudrait que cela se fasse en concertation avec tous les acteurs intéressés et sans perdre de vue que les enfants doivent pouvoir bénéficier d’un temps de formation spirituelle. Du reste, les chronobiologistes pensent que la coupure en milieu de semaine est le meilleur scénario pour les enfants», affirme Mgr Dubost, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes, président de la commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat. Va-t-on vers un nouveau directoire de la catéchèse ? «Je le souhaite mais ce n’est pas acquis», répond le prélat. (apic/jcn/bb)

26 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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