Le pasteur Jean Tartier ne briguera pas un nouveau mandat
Paris: Présidence de la Fédération protestante de France
Paris, 25 février 1999 (APIC) Nommé en décembre 1996 à la présidence de la Fédération Protestante de France (FPF), entré en fonction en juillet 1997, le pasteur Jean Tartier ne postulera à sa succession, vient-il de faire savoir dans un bref communiqué. Cette décision crée un certain embarras au sein de la FPF.
Jean Tartier pasteur luthérien de 57 ans avait été élu en décembre 1996 pour un mandat de deux ans, après le départ du pasteur Jacques Stewart avant le terme son troisième mandat de quatre ans. Cette démission provoque un certain embarras, mais pas vraiment la surprise : il y a un an, devant l’assemblée générale de la FPF, le pasteur Tartier avait déjà livré son sentiment de » ne pas être à la hauteur » des attentes.
La FPF, créée en 1905, rassemble 16 Eglises de diverses sensibilités (luthériennes réformées, baptistes, évangéliques et pentecôtistes) et 60 associations d’inspiration protestante ; ces 16 Eglises totalisent plus de 1’100 paroisses, près de 1’950 pasteurs, dont plus de 200 femmes, et quelque 800’000 fidèles sur un total d’un million de protestants français.
Trop oecuménique ?
Tous, au sein de la FPF comme en dehors, s’accordent aujourd’hui à rendre hommage à Jean Tartier, un homme simple, affable, et estimé pour sa grande capacité d’écoute. Des qualités que salue dans «La Croix» le Père Christian Forster, secrétaire de la Commission pour l’Unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France, qui loue en même temps son engagement oecuménique. En ajoutant : » Peut-être, sur ce terrain, n’a-t-il pas été soutenu comme il le fallait au sein de la FPF. «
«La Croix» enchaîne en écrivant que, » ces derniers mois, le pasteur Jean Tartier avait en effet pris des positions jugées par certains trop bienveillantes à l’égard du Vatican «. Notamment quand il avait jugé de » façon positive » l’initiative de Rome de renouveler la pratique des indulgences dans la perspective du Jubilé de l’an 2000. L’Eglise réformée de France avait aussitôt publié un communiqué très sévère à l’égard de l’initiative romaine, qui était apparu comme un désaveu du président. » La Croix » relève par ailleurs que le mandat de Jean Tartier a été marqué par une prise de position très nette de la FPF devant la montée du Front National et par son engagement aux côtés des sans-papiers.
Au défi de l’unité
Pour Michel Kubler, la décision de Jean Tartier dépasse le simple choix d’une personne : » c’est tout le protestantisme français, dans sa manière de s’organiser, mais d’abord de se concevoir, qui se trouve ainsi secoué». C’est moins d’un président que la Fédération protestante a besoin que d’une unité plus grande grâce à une identité plus claire . La FPF doit aujourd’hui déterminer jusqu’à quel point elle peut supporter une variété si grande en son sein : luthériens de stricte obédience, pentecôtistes plus ou moins débridés, réformés jaloux de leur indépendance.
» Pas de démission, ni de situation de crise «, écrit dans le journal » Réforme » Jean-Luc Mouton. Christian Seyre, le secrétaire général, le confirme : » La Fédération protestante fonctionne bien. C’est un projet formidable, vivant, dynamique.» (apic/cip/cx/mp)