Corée du Nord: Après la mort de Kim Jong-il, les Eglises se veulent plus optimistes

Partisans de la réunification entre espoir et inquiétude

Séoul, 20 décembre 2011 (Apic) Si l’inquiétude grandit dans la péninsule coréenne et au sein de la communauté internationale après la mort du leader nord-coréen Kim Jong-il, décédé le 17 décembre à l’âge de 69 ans, les Eglises coréennes se veulent plus optimistes. Elles espèrent un retournement de situation, à l’instar des mouvements de réunification entre les deux Corée.

Ce n’est que lundi 19 décembre que l’agence d’Etat nord-coréenne (KCNA) a annoncé la mort samedi dernier du dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Selon la télévision d’Etat, dont la présentatrice s’est effondrée en larmes, le «cher leader» serait mort de «surmenage physique et mental» dû à «ses efforts sans fin pour mener des actions sur le terrain afin de construire une nation puissante». Peu après, toujours selon les médias officiels, il a été précisé que le dictateur nord-coréen, à la tête du pays depuis 1994, était décédé d’une crise cardiaque vers 8 h du matin, le 17 décembre, à bord du train blindé qui le ramenait d’un déplacement en province.

Presque simultanément, la KCNA a appelé «tous les membres du parti, les militaires et la population, à suivre fidèlement le commandement du camarade Kim Jong-un», adoubant ainsi officiellement le plus jeune des fils de Kim Jong-il. Ce dernier est présenté depuis plusieurs années comme le dauphin du dirigeant communiste. Récemment promu à la tête des forces de sécurité et nommé général quatre étoiles, Kim Jong-un, malgré sa jeunesse (il a moins de 30 ans) et sa faible expérience, possède déjà les clés du pouvoir. Le gouvernement de la RPDC, dont l’armée forme la pierre angulaire, semble avoir parfaitement orchestré la succession, sans aucune vacance du pouvoir, de l’unique dynastie de l’histoire du communisme.

Si la désignation de Kim Jong-un ne surprend pas, elle laisse planer la plus grande incertitude concernant l’avenir du régime. Mal connu du public, mais décrit comme le portrait de son père, Kim Jong-un semble avoir joué ces dernières années un rôle important dans la politique militariste de la Corée du Nord, estime «Eglises d’Asie», l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Cependant, les évêques catholiques de Corée du Sud ont fait part à l’agence de presse vaticane «Fides» de leur conviction que la mort de Kim Jong-il pourrait marquer le début d’un tournant pour la réunification et permettre l’instauration d’une «politique de dialogue, de paix et de réconciliation». Mgr Peter Kang U-il, évêque de Cheju et président de la Conférence épiscopale de Corée du Sud, soulignant que le nouveau dirigeant était très jeune et ne semblait pas jouir de beaucoup de confiance de la part du peuple coréen, a évoqué un possible retournement de situation.

Le secrétaire exécutif du sous-comité d’aide à la Corée du Nord de la Conférence épiscopale, le Père Jean-Baptiste Kim Hun-il, a déclaré pour sa part espérer seulement que la mort du dictateur ne plongerait pas la péninsule dans le chaos. Il a souhaité qu’avec le changement de dirigeant, l’aide, notamment alimentaire, envoyée en Corée du Nord, pourrait se poursuivre et peut-être même augmenter.

L’analyse du Révérend Kim Tea Sung, vice-secrétaire général de la Korean Conference of Religion for Peace (KCRP), est quant à elle, plus mesurée: «La mort du ›cher dirigeant’ risque de créer un vide et de générer des problèmes très graves au niveau social et politique. Espérons que dans le Nord, il ne se produira pas de conflit qui conduirait la population à souffrir encore davantage». Le pasteur, très investi dans les échanges interreligieux initiés récemment avec la Corée du Nord, conclut en espérant que les rencontres prévues dans le cadre du rapprochement entre les deux Corées ne s’interrompront pas avec l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un.

Depuis l’annonce de la mort du dirigeant communiste, la péninsule coréenne et les pays voisins sont en état d’alerte. Les chefs d’état-major des armées américaines et sud-coréennes ont décidé d’augmenter la surveillance conjointe d’éventuels mouvements de troupes nord-coréennes. Washington a fait savoir par un communiqué que les Etats-Unis resteraient engagés «à la stabilité dans la péninsule coréenne, aux côtés de leurs alliés de Corée du Sud et du Japon».

Les funérailles nationales de Kim Jong-il, présidées par son fils, sont prévues pour le 28 décembre prochain. Aucune délégation étrangère ne sera autorisée à participer à l’inhumation dans le mausolée familial qui s’annonce comme une grandiose célébration à la gloire de la dynastie des Kim. Un deuil national a été décrété jusqu’au 29 décembre. (apic/eda/be)

20 décembre 2011 | 12:14
par webmaster@kath.ch
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