Pas d’accélération du procès de béatification, déclare l’Eglise
Un prêtre catholique qui joue un rôle-clé dans l’enquête sur la béatification et la canonisation éventuelles de mère Teresa nie que l’Eglise accélère la procédure établie. «Aucun délai n’a été imposé et aucune pression n’a été exercée pour nous faire aller plus vite», déclare le Père Brian Kolodiejchuk, postulateur pour les Missionnaires de la Charité. Le postulateur d’origine canadienne, qui plaide en faveur de la béatification, est lui-même membre de la congrégation fondée par Mère Teresa. «Ce qui compte avant tout pour nous, ce n’est pas d’aller vite, mais de suivre la bonne voie», a-t-il déclaré à l’agence œcuménique ENI.
Le Père Kolodiejchuk riposte ainsi aux accusations de fondamentalistes hindous, qui avancent que la béatification de Mère Teresa a été accélérée pour stimuler l’évangélisation chrétienne en Inde, allégation que le postulateur rejette comme entièrement fausse. Peu après l’ouverture de l’enquête, le mois dernier, à Calcutta, Acharya Giriraj Kishore, secrétaire général du Vishwa Hindu Parishad (Conseil mondial des hindous), a déclaré que la seule raison pour laquelle le Vatican a décidé de ne pas attendre cinq ans, comme d’habitude, avant d’entamer la procédure de béatification était «d’encourager l’activité missionnaire dans le pays d’adoption de la religieuse» (Mère Teresa est d’origine albanaise).
«Mère Teresa a véritablement mené une vie exemplaire de chrétienne, et il s’agit là d’une réaction spontanée de la part de l’Eglise», a souligné le postulateur, qui a ajouté qu’il n’y avait «aucun dessein secret» dans la décision d’entamer le procès de canonisation plus tôt qu’il n’est de règle. A la mort d’une sainte personne, l’Eglise, rappelle le père Kolodiejchuk, «exige une période d’attente pour laisser se refroidir l’enthousiasme initial. Dans le cas de Mère Teresa, toutefois, elle avait une telle réputation mondiale qu’une attente de cinq ans n’aurait guère changé les choses.» (apic/eni/be)




