Pas d'eucharistie sans prêtre dans l'Eglise
Autriche: L’évêque d’Innsbruck confirme «l’auto-excommunication» de la présidente de «Nous sommes l’Eglise»
Innsbruck, 22 mai 2014 (Apic) L’évêque d’Innsbruck, en Autriche, Mgr Manfred Scheuer, a confirmé, le 22 mai 2014, «l’auto-excommunication» de Martha Heizer et de son mari Gerd. La chef de file du mouvement «Wir sind Kirche» (»Nous sommes l’Eglise») en Autriche est sanctionnée pour avoir célébré des «eucharisties sans prêtre» à son domicile. Martha Heizer a affirmé à la presse qu’elle n’acceptait ni le procès, ni la décision. De son côté, le porte-parole du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi a indiqué que Rome n’était pas intervenu dans cette procédure.
Dans sa déclaration, Mgr Scheuer rappelle que la révélation de la tenue de ces «eucharisties sans prêtre» lors d’une émission de télévision autrichienne l’avait obligé, en tant qu’évêque d’Innsbruck, d’ouvrir une enquête et de prendre des mesures légales. Il précise qu’il considère comme un échec le fait de n’avoir pas pu convaincre les époux Heizer de revoir leur opinion et d’éviter une procédure. La constatation de cette «auto-excommunication» n’est pas une victoire, mais une défaite pour l’Eglise et c’est avec un grand regret qu’il l’accomplit. L’évêque souligne enfin que les époux Heizer connaissaient les conséquences de leur situation et ce que leur comportement signifiait au plan ecclésial. Il appartient maintenant aux époux Heizer de créer les conditions pour que cette excommunication soit levée.
L’eucharistie ne dépend pas d’une volonté subjective
Comme l’eucharistie dans son essence est la fête de toute l’Eglise, il ne peut y avoir «d’eucharistie privée», insiste l’évêque. Les critères de la validité de l’eucharistie ne peuvent pas dépendre de la volonté subjective et de l’état d’esprit des personnes concernées. L’Eglise tient à ce que l’eucharistie repose sur la personne du prêtre en raison de son sacerdoce. Mgr Scheuer avait déjà signalé en 2011 que les «eucharisties privées» constituaient un grave délit aux yeux de l’Eglise.
Martha Heizer s’était fait connaître dès 1995 dans le cadre de l’affaire «Groer», du nom de l’archevêque de Vienne coupable d’abus sexuels. Elle a ensuite été parmi les initiateurs du mouvement «Nous sommes l’Eglise» dont elle a été élue présidente le 5 avril dernier. Aujourd’hui retraitée, elle a été enseignante à l’institut de pédagogie religieuse de l’Université d’Innsbruck.
Un mouvement très dynamique
Le mouvement «Wir sind Kirche» , très dynamique en Autriche et en Allemagne, se montre très critique envers la hiérarchie de l’Eglise catholique. Il est notamment connu pour ses prises de position en faveur de l’ordination des femmes et pour ses appels à accorder une place bien plus grande aux laïcs.
L’élection du pape François et ses promesses de réforme au sein de l’Eglise lui ont donné un nouveau souffle. Il espère davantage de transparence, de décentralisation et de dialogue avec les fidèles. Le mouvement réformiste devrait organiser à Rome, en octobre prochain, un «synode parallèle», lors du synode extraordinaire sur la famille qui aura lieu au Vatican. (apic/kap/imedia/mp)



