Pas de nouvelles stratégies mais une nouvelle rencontre avec le Christ
Rome: Message final du Synode : La nouvelle évangélisation est une «urgence»
Rome, 26 octobre 2012 (Apic) A deux jours de la fin des travaux du Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation au Vatican, les Pères synodaux ont publié le 26 octobre 2012 un long «Message au peuple de Dieu». Ils y assurent notamment que l’Evangile n’est pas «un produit à placer sur le marché des religions» avec de nouvelles stratégies. L’Eglise toujours appelée à la conversion, doit avec urgence proposer aux hommes et aux femmes de notre époque une nouvelle «rencontre avec le Christ». Afin qu’ils ne soient pas «la proie de désillusions destructrices».
«L’œuvre de la nouvelle évangélisation consiste à proposer de nouveau, au cœur et à l’esprit souvent confus des hommes et des femmes de notre temps, et avant tout à nous-mêmes, la beauté et la nouveauté de la rencontre avec le Christ», indique le message des Pères synodaux. Et de préciser que l’annonce de l’Evangile est «une urgence qui touche toutes les régions du monde, celles de récente tout autant que d’ancienne évangélisation».
Filant la métaphore sur l’Evangile de la Samaritaine, le message assure que «nombreux sont les puits qui s’offrent à la soif de l’homme» mais qu’un discernement est nécessaire pour «éviter les eaux polluées». «Il est urgent, poursuit-il, de bien orienter la recherche pour ne pas devenir la proie de désillusions destructrices».
Appel à la conversion
Le message indique qu’il ne s’agit pas «d’inventer on ne sait quelles stratégies, comme si l’Evangile était un produit à placer sur le marché des religions, mais de redécouvrir la façon dont, dans la vie de Jésus, les personnes se sont approchées de lui et ont été appelées par lui, afin d’introduire ces mêmes modalités dans les conditions de notre époque». «Il ne s’agit pas, indique encore ce texte, de tout recommencer à zéro, mais de s’insérer dans le long chemin de la proclamation de l’Evangile».
L’invitation à évangéliser est avant tout un appel à la conversion de l’Eglise elle-même, relève également ce message qui, comme l’ont dit de nombreux pères synodaux au cours des travaux, assure que les évêques «en premier lieu» doivent se convertir et «reconnaître que les pauvretés et les faiblesses des disciples de Jésus, en particulier de ses ministres, pèsent sur la crédibilité de la mission».
La famille, première évangélisatrice
Puis, au fil des 12 pages de ce long message, en se gardant de tout «pessimisme», les Pères synodaux énumèrent les différents lieux et acteurs de l’évangélisation, parmi lesquels la famille, y compris «les situations familiales irrégulières», les jeunes, les laïcs, les paroisses, ou encore différentes composantes de la société comme les artistes, le monde de l’économie ou les hommes politiques.
C’est à la famille en tout premier lieu que s’adresse le message, qui lui reconnaît un «rôle essentiel dans la transmission de la foi». La famille, poursuit le texte, «qui se constitue par le mariage d’un homme et d’une femme», est «traversée par de nombreux facteurs de crise, environnée de modèles de vie qui la pénalisent», elle n’est «pas toujours respectée dans ses rythmes, ni soutenue dans ses engagements, parfois par les communautés ecclésiales elles-mêmes».
Mention est également faite des situations familiales «dans lesquelles n’est pas respectée cette image d’unité et d’amour pour toute la vie que le Seigneur nous a confiée». Alors que le sujet de l’accueil des divorcés remariés dans l’Eglise est revenu à plusieurs reprises dans les travaux synodaux, le message souligne que ceux qui sont dans des situations «irrégulières» demeurent «membres de l’Eglise même s’ils ne peuvent recevoir l’absolution sacramentelle et l’eucharistie». Lors de la présentation de ce message devant la presse, le cardinal Giuseppe Betori, président de la Commission du message, a souligné que la position du synode sur cette question s’inscrivait dans la ligne de ce qu’avait affirmé; Benoît XVI sur le sujet lors de la Journée des familles à Milan (Italie) au mois de juin dernier.
Engagement des politiciens
Le message appelle également le monde politique à s’engager de façon désintéressée et transparente «pour le bien commun, dans le respect de la pleine dignité de la personne humaine, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle ; de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, de la liberté d’éducation». Dans le document, il est également demandé aux politiciens de défendre «la liberté religieuse, de lutter contre les injustices, les inégalités, les discriminations, les violences, le racisme, la faim et la guerre».
Pour la première fois, relève Mgr Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille (Philippines), quelques lignes spécifiques de ce message sont consacrées aux différents continents.
Pour sa part, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier (France) et secrétaire spécial du synode, explique que ce message est long et général car «il part de l’expérience» et «veut rejoindre chacun», quelle que soit sa condition. (apic/imedia/ami/mp)



