Inde: Eglises attaquées dans le Karnataka: polémique entre le ministre et les Eglises

Pas de promesses de mains coupées pour les coupables: leur arrestation suffira

Bangalore, 29 janvier 2010 Un responsable d’Eglise indien a critiqué le Premier ministre de l’Etat du Karnataka, dans le sud de l’Inde, pour avoir dit qu’il faudrait couper la main des individus responsables de la série d’attaques qui, ces derniers temps, prennent pour cibles des églises.

Apparemment exaspéré par les critiques visant les actions du gouvernement à la suite des attaques dans le Karnataka, le Premier ministre de cet Etat, B.S Yeddyurappa, a déclaré le 27 janvier sur une chaîne de TV nationale : «Je vous le dit, qu’on coupe la main de ces gens si on les attrape.»

B.S. Yeddyurappa est affilié au parti nationaliste Bharatiya Janata (BJP), qui est aux commandes du gouvernement dans l’Etat. «Nous ne voulons pas que des mains soient coupées; nous voulons que le gouvernement appréhende les coupables et les traduise en justice», a rétorqué l’évêque méthodiste Taranath S. Sagar, président du Conseil national des Eglises de l’Inde, dans une déclaration reprise par l’Agence ENI.

L’évêque Sagar, qui est basé à Bangalore, capitale du Karnataka, a souligné que «la quasi-immunité» qui prévaut depuis le début des attaques visant des églises est la cause fondamentale de la violence récurrente.

Quant à l’archevêque catholique de Bangalore, Mgr Bernard Moras, président du Forum chrétien uni du Karnataka pour les droits de la personne, il a assuré qu’il n’était nullement question de demander des mesures de sécurité pour les églises. Précisant toutefois que «lorsque des églises sont attaquées, il faut que le gouvernement identifie les coupables et les punisse. Il ne peut pas se défiler en disant qu’il n’y a pas assez de policiers pour protéger les églises, les mosquées et les temples».

Le ministre a rappelé que le Karnataka compte 43’000 temples et 3’000 mosquées et églises, tandis que le gouvernement ne dispose que de 90’000 agents de police sous ses ordres. Il a appelé les institutions religieuses à mettre en place leurs propres mesures de sécurité.

29 janvier 2010 | 16:52
par webmaster@kath.ch
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