Rome : Le pape François élabore un «enseignement liturgique non écrit», assure le directeur de l’Institut liturgique pontifical

Pas de rupture liturgique entre Benoit XVI et le pape François

Rome, 4 décembre 2013 (Apic) A l’occasion du 50e anniversaire de la Constitution conciliaire Sacrosanctum concilium consacrée à la réforme liturgique, signée le 4 décembre 1963, le directeur de l’Institut liturgique pontifical a livré à I.MEDIA sa vision de l’application de ce texte et de son interprétation encore en cours. Selon le bénédictin Jordi Agusti Piqué i Collado, malgré des différences «d’accents» liturgiques, il n’y a pas de «rupture» entre Benoît XVI et le pape François, qui développent chacun, par leur façon de célébrer, un «enseignement liturgique non écrit».

Q. : Sacrosanctum Concilium a 50 ans, que dire de son application ? Peut-on parler de tensions, d’incompréhensions, notamment au vu des débats animés encore en cours ?

J.P. : Sacrosanctum concilium est un point central du Concile Vatican II car elle est la première constitution conciliaire à avoir été approuvée. C’est un point de départ qui s’inscrit dans une logique dynamique. Il s’agit d’un texte riche, vivant. Chaque année, notre institut organise une journée d’étude de ce document, afin de réfléchir à son actualisation, car le monde a beaucoup changé en 50 ans. Cette constitution est sans aucun doute celle qui est le plus entrée dans la vie du peuple de Dieu. Je ne parlerais pas de tensions, même s’il y a eu des divergences, certes, concernant notamment certains abus. Nous sommes dans un mouvement de mise à jour. Le temps nous aidera à discerner les bonnes et les mauvaises choses, mais un grand travail a d ’ores et déjà été réalisé. L’interprétation du document n’est pas figée, mais dynamique.

Q. : D’aucuns considèrent que le pape François porte moins de soin à la liturgie que son prédécesseur. Selon vous, est-ce une remarque justifiée ?

J.P. : Il n’accorde pas une attention moindre à la liturgie, au contraire. Il suffit de voir sa façon de célébrer, sa présence aux différentes liturgies qu’il préside. Il donne une très grande importance à la prédication de la Parole. C’est vrai, certaines choses ont changé par rapport à la façon de célébrer de Benoît XVI, mais la liturgie le permet. Benoît XVI, par sa façon de célébrer, en reprenant de façon très légitime certains éléments, nous a beaucoup donné, et il a développé à ce sujet une réflexion théologique très profonde. Le pape François lui aussi est en train d’élaborer un enseignement liturgique non écrit, par sa grande simplicité. Les aspects formels qui les différencient ne marquent pas une rupture, il n’y a pas de contradiction. Il s’agit simplement d’accents liturgiques différents selon les deux souverains pontifes, comme lorsque l’on parle une langue étrangère.

Q. : Quelles évolutions peut-on attendre dans le domaine liturgique de la part du pape François ?

J.P. : La seule chose que je peux dire, c’est que l’Institut pontifical liturgique est aux côtés du pontife pour faire ce qu’il demandera. En septembre, le pape a remplacé cinq consulteurs du Bureau des célébrations liturgiques pontificales. Parmi les nouvelles personnes, trois enseignent à Saint-Anselme. Comme son prédécesseur, le pape veut donner un exemple à suivre par sa façon de célébrer. (apic/imedia/mm/mp)

4 décembre 2013 | 13:48
par webmaster@kath.ch
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