Fribourg: Un expert économique relaye le message du 1er aôut des évêques suisses sur l’argent
Paul Dembinski rappelle les limites de la croissance
Fribourg, 8 août 2012 (Apic) «Le message des évêques suisses en appelle aux responsables politiques et financiers pour qu’ils déterminent ce qui doit être fait pour que le monde de l’après-crise soit plus juste». Le directeur de l’Observatoire de la finance et professeur à l’Université de Fribourg, Paul Dembinski, salue, interprète et développe, le 8 aôut, dans une tribune du quotidien fribourgeois «La Liberté», le message de la Conférence des évêques suisses (CES) consacré au rapport de l’homme à l’argent, délivré à l’occasion de la Fête nationale, le 1er août.
L’économiste Paul Dembinski qualifie la publication du message des évêques suisses de «bonne idée». Il explique que le thème du rapport entre l’argent et l’homme est un «prétexte» pour proposer une mise en perspective de la crise, dont le cinquième anniversaire sera célébré «certainement sans faste», ce jeudi 9 août.
Le professeur remarque que le texte, sans être alarmiste, laisse tout de même transparaître une certaine inquiétude et une urgence à agir. A propos de la teneur du message, il souligne que «l’Eglise a cessé de proposer des solutions techniques aux crises de ce monde. Elle se limite à les identifier et à les éclairer à la lumière des principes de sa doctrine sociale tels que le bien commun et l’option préférentielle pour les pauvres». Pour Paul Dembinski, le message estival des évêques s’inscrit dans cette tradition.
Appel à la responsabilité de chacun
Il note ainsi que le texte s’adresse «non pas à des institutions, mais à des personnes, à ceux qui jour après jour prennent des microdécisions, des décisions qui pourraient sembler sans importance, mais qui en s’additionnant finissent par changer le monde. L’accent est mis sur la responsabilité de chacun, à la place qui est la sienne dans la société.»
Paul Dembinski explique que le texte «met en garde contre la prise de risque inconsidérée, contre les dangers de la vie à crédit». Le cœur du message serait donc un «appel à dépasser le superflu».
L’Eglise contre la croissance?
L’économiste se demande finalement si l’Eglise, en prônant la frugalité, ne serait pas «en train de faire exploser notre système qui, selon certains politiques, ne peut être sauvé que par la croissance?».
Pour Paul Dembinski, la réponse à cette question «doit être mesurée». Il conclut, en interprétant le message des évêques, qu’»aussi longtemps que la croissance sert à ce que des exclus accèdent au nécessaire, elle est désirable. Mais, passé ce cap, la quête des ’autres richesses’ devrait prendre le relais. A chacun de faire la part des choses et d’agir en conséquence.» (apic/laliberte/rz).



