Pays-Bas: Des milliers d’églises menacées de démolition faute de moyens financiers

Cri d’alarme de l’initiative «Avenir des bâtiments d’Eglise»

La Haye, 22 septembre 2006 (Apic) Des milliers d’églises sont menacées de démolition aux Pays-Bas, selon «Avenir des bâtiments d’Eglise». En vue des prochaines élections parlementaires, cette «initiative chrétienne» invite les responsables politiques à mener une réflexion de fond en ce qui concerne le financement des bâtiments d’Eglise.

L’initiative chrétienne estime que l’on devrait à cette occasion discuter de l’introduction d’un impôt ecclésiastique, comme il en existe déjà dans certains pays européens.

Elle estime que l’on pourrait également s’inspirer du cas de la France, où les églises appartiennent au domaine public qui doit s’occuper de leur entretien, tandis que ce sont les associations cultuelles (c’est-à-dire l’autorité épiscopale pour les catholiques) qui en ont la gestion.

Cette initiative estime que les subsides actuels de l’Etat pour les bâtiments d’église sont insuffisants et plaide pour qu’il y ait davantage d’argent public pour les édifices religieux. En raison de la diminution du nombre de leurs fidèles, les Eglises ont de plus en plus de mal à maintenir leurs bâtiments, et les petites communautés ne peuvent plus faire face seules aux charges financières causées par l’entretien des édifices religieux. C’est là raison pour laquelle elles font démolir les églises qui ne servent plus au culte, ce qui signifie, relève l’initiative, que ces prochaines années, des villes, des villages et des régions rurales entières vont perdre leur identité.

La séparation de l’Eglise et de l’Etat n’a pas connu aux Pays-Bas de transition aussi brusque qu’en France mais s’est opérée de façon plus progressive. Les bâtiments religieux sont la propriété des paroisses pour les protestants et des évêchés pour les catholiques. La conséquence immédiate est que l’Etat se soustrait ainsi à de trop forts coûts pour leur entretien. La conservation et la réparation des églises repose donc essentiellement sur des fonds privés. Devant les frais élevés et la baisse de la pratique religieuse, des églises désaffectées deviennent toujours plus la propriété d’associations ou de groupes privés qui les transforment en salles de concert, d’expositions ou encore en restaurants, quand elles ne sont pas purement et simplement démolies. (apic/kna/com/be)

22 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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