Pays-Bas: IIIe Congrès de l’Association Européenne de Théologie Catholique:
Le récent motu proprio «Ad tuendam Fidem» au cœur des débats
Nimègue, 31 août 1998 (APIC) L’Association Européenne de Théologie Catholique (AETC) a tenu son troisième Congrès du 22 au 26 août dans les locaux de l ’Université catholique de Nimègue, aux Pays-Bas. Le Congrès, qui portait sur «La foi en Dieu entre Tradition et Modernité» a réuni 220 participants. Qui ont notamment mis au cœur du débat le récent motu proprio «Ad tuendam Fidem»
Créée en 1989 à l’initiative d’un groupe de théologiens allemands, cette association compte actuellement plus de mille membres, répartis en sections nationales. Elle s’efforce par ses congrès, comme par ses colloques nationaux et son bulletin semestriel, de faire progresser une réflexion qui touche au coeur de l’existence chrétienne et du rôle des théologiens. C’est l’occasion de se plonger dans la grande tradition biblique et chrétienne tout en dialoguant avec d’autres conceptions pour mieux rencontrer les questions de la modernité. Les précédents congrès se sont déroulés à Stuttgart, en 1992, et à Freising (près de Munich), en 1996 .
La réflexion proposée lors de ce 3e congrès a gravité autour d’une double question: «Quelle valeur de référence le christianisme ancien (des quatre premiers siècles) possède-t-il encore pour le christianisme plongé dans la culture moderne au tournant du 3e millénaire? Et quel éclairage le christianisme ancien reçoit-il de la prise en compte des problèmes et des défis auxquels se trouve confronté le christianisme dans l’Europe moderne?» Pour creuser ces questions, le programme comportait sept grandes conférences et une trentaine d’ateliers, introduits par autant de spécialistes de divers pays. La théologie en Belgique était représentée par une quinzaine de membres de l’Association (six francophones, neuf flamands).
Rendez-vous avec Mgr Ratzinger
Une assemblée statutaire figurait au programme de la dernière matinée de ce congrès, au cours de laquelle a été élue la nouvelle présidence de l’association. Pour la première fois, le président de l’Association Européenne de Théologie Catholique est un laïc marié, Gerhard Larcher, professeur de théologie fondamentale à la Faculté de Théologie de l’Université de Graz (Autriche). Il est entouré de deux vice-présidents, l’un slovène, l’autre espagnol. Au cours de leur assemblée statutaire, les participants ont été amenés à se situer face au récent motu proprio «Ad tuendam Fidem» par lequel le pape Jean-Paul Il inscrit dans le droit canon les conséquences du «serment de fidélité» exigé théoriquement depuis 1989 de toute personne exerçant une charge de gouvernement ou d’enseignement dans l’Eglise catholique.
Fallait-il faire à ce propos que l’association des théologiens prenne publiquement position ? Un projet de déclaration leur a été proposé. Très modéré, il rappelait les difficultés soulevées en 1989 lors de la publication du serment, constatait que cette exigence n’était pratiquement observée nulle part et demandait aux autorités ecclésiastiques de s’en tenir à cette façon de faire.
Plusieurs intervenants, y compris des sections de plusieurs pays, ont suggéré plutôt de prendre contact directement avec le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, auteur d’un commentaire autorisé du récent motu proprio. L’assemblée s’est contentée de recueillir les avis et les arguments dans un sens ou dans l’autre, tout en manifestant son souci de procéder par dialogue plutôt que par confrontation. Finalement, le Conseil exécutif de l’Association ou «Kuratorium», composé de la présidence et des présidents des sections nationales, a décidé que le président demanderait rendez-vous au cardinal Ratzinger. Au lieu d’une «déclaration», un communiqué de presse rendra compte du débat auquel le motu proprio a donné lieu. (apic/cip/pr)



