Pays-Bas: L’évêque de Breda déplore le «vide de pouvoir» au sommet de l’Eglise
Mgr Muskens demande une limite d’âge pour les papes
Amsterdam, 15 janvier 2001 (APIC) L’évêque de Breda, Mgr Martinus Muskens, déplore le «vide de pouvoir» au sommet de l’Eglise, estimant que le pape Jean Paul II n’a plus la curie romaine en mains en raison de l’âge, de la maladie et de ses fréquentes absences. La semaine dernière, le prélat catholique avait suscité de vives réactions quand il avait demandé une limite d’âge de 85 ans pour les papes.
Dimanche soir, lors d’une émission de la télévision néerlandaise, le prélat catholique a demandé la tenue d’un synode mondial des évêques. L’un des thèmes en serait une réflexion pour savoir comment l’Eglise peut fonctionner quand elle est sans gouvernement.
Jeudi dernier, Mgr Muskens avait déclaré au quotidien néerlandais «Volkskrant» que le Collège des cardinaux devrait fixer à 85 ans la limite d’âge supérieure pour pouvoir exercer le ministère pontifical. Quelques jours plus tôt, il avait évoqué sur les ondes d’une radio le «vide de pouvoir» au Vatican et l’absence de gouvernement de la curie du fait que le pape était diminué par l’âge et la maladie, et en raison de ses nombreux voyages.
Les déclarations réitérées de l’évêque de Breda ont provoqué de vives polémiques, notamment dans les rangs conservateurs. Un porte-parole du «Groupe de contact des fidèles catholiques-romains» a vivement critiqué les commentaires de Mgr Muskens, relevant qu’il était ironique que ce soit justement un évêque ayant déjà subi deux infarctus qui s’exprime sur les faiblesses du pape dues à la maladie. Mgr Karel Kasteel, un prélat de la curie romaine, a lui aussi rejeté les suggestions de l’évêque de Breda, assurant que le pape était «plus fort que jamais».
Le refus d’un synode diocésain après l’intervention du Vatican crée des tensions
Le refus d’un synode diocésain dans le diocèse de Breda, après l’intervention du Vatican, crée des tensions et vire à la polémique publique. Mgr Martinus Muskens a révélé avoir renoncé à ses plans de synode diocésain après que le Vatican lui ait signifié qu’un synode était actuellement inopportun. Le cardinal Adrianus Simonis, archevêque d’Utrecht et président de la Conférence épiscopale des Pays-Bas, qui avait d’abord approuvé le projet, a lui aussi considéré qu’un tel événement diocésain était «prématuré».
Divers milieux d’Eglise ont peu apprécié la prise de position romaine. A tel point que le sénateur socialiste Erik Jurgens a l’intention d’interpeller le Ministre des Affaires étrangères Jozias van Aartsen pour en savoir plus sur les «immixtions» vaticanes dans les affaires ecclésiales internes des Pays-Bas. Mgr Muskens veut désormais mener à bien une «consultation diocésaine» pour préparer le diocèse en vue des 150 ans de son érection, dans deux ans. Des historiens d’Eglise présument que le Vatican se fait encore beaucoup de souci à propos de l’esprit par trop frondeur dont l’Eglise catholique néerlandaise avait fait preuve à la fin des années 60. Selon la presse, ce souci serait également partagé par les évêques de ce pays qui fut autrefois un modèle de fidélité à Rome. (apic/kna/be)



