Tentatives d’infiltration et de corruption durant la guerre froide

Pays-Bas: La Stasi suivait les activités du Conseil néerlandais des Eglises pour la paix

Amsterdam, 5 février 2002 (APIC) Durant la guerre froide, les services secrets (la Stasi) de la République démocratique allemande (RDA) s’intéressaient de près aux mouvements du Conseil des Eglises pour la paix (IKV), organisation basée à La Haye. Cette affirmation résulte d’une étude de l’historienne néerlandaise Beatrice Jansen-de-Graaf présentée la semaine dernière à Münster, en Allemagne, devant 80 experts et des témoins de l’époque.

En effectuant des recherches dans les archives de la Stasi sur une période de deux ans, Beatrice Jansen-De Graaf a trouvé des centaines de pages sur les relations entre les Eglises de la RDA et le Conseil des Eglises pour la paix. Des membres de la Stasi étaient chargés d’infiltrer le Conseil. Ils n’y ont, semble-t-il, pas réussi. Les services secrets contrôlaient les activités du secrétaire général du Conseil, Mient-Jan Faber, qui en 1982 s’est vu refuser l’autorisation d’entrer en RDA. Six ans plus tard, la Stasi a essayé, sans succès, de pousser un membre néerlandais de l’IKV à travailler pour elle.

La Stasi considérait l’IKV comme une organisation hostile parce qu’il cherchait à établir des contacts avec des groupes indépendants dissidents de la RDA. «La Stasi conservait des rapports détaillés sur les contacts politiques et sur les relations entre des Néerlandais et des dissidents de la RDA», a fait observer Beatrice Jansen-De Graaf.

L’IKV, qui est devenu important dans les années 80, avait été fondé en 1966 par neuf Eglises néerlandaises. En 1977, il avait lancé une campagne contre les armes nucléaires aux Pays-Bas et dans les années 80, il avait essayé d’établir des liens avec des militants pacifistes indépendants en RDA. Pour les protestants de ce pays, qui ne pouvaient pas facilement voyager à l’étranger, les liens avec les Pays-Bas offraient une «ouverture sur le monde».

Les contacts avec les Pays-Bas sans danger pour la RDA

Un autre intervenant à la conférence, Wolfgang Schmidt, un ancien lieutenant-colonel de la Stasi, a souligné qu’en général, celle-ci considérait les contacts avec les Pays-Bas comme sans danger. Les Néerlandais étaient vus comme bien disposés envers la RDA, a-t-il dit. C’est pourquoi la Stasi avait l’habitude d’ignorer ce pays. Le Conseil des Eglises pour la paix semble avoir été l’exception.

Alors que certains contacts entre les communautés des Pays-Bas et de l’Allemagne de l’Est se sont arrêtés après la chute du mur en novembre 1989, de nouvelles relations ont été nouées. C’est ce qu’a précisé à l’agence ?cuménique ENI la Néerlandaise Rika Manschot, coordinatrice des partenariats entre Néerlandais et Allemands. Il existe environ 340 partenariats, et la demande provient principalement des Eglises d’Allemagne orientale.

D’après Beatrice Jansen-De Graaf, depuis l’unification allemande, les contacts ont perdu leur angle politique et revêtent aujourd’hui un caractère personnel et pastoral. (apic/eni/bb)

5 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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