Pays-Bas: Les plaques européennes symbole de «l’adoration de Marie»?

Les 12 étoiles font problèmes pour un groupe protestant

Utrecht, 22 mars 2009 (Apic) Un groupe de chrétiens protestants des Pays-Bas s’oppose à ce que l’emblème de l’Union européenne (UE) soit placé sur les plaques d’immatriculation des voitures dans leur pays. Ce symbole, disent-ils, contrevient à leurs convictions religieuses.

La Fondation nationale pour la préservation des principes politiques réformés affirme que l’emblème de l’UE – un cercle de 12 étoiles d’or sur fond bleu – symbolise la vénération de Marie, la mère de Jésus, par l’Eglise catholique romaine.

«La plupart des gens n’y pensent pas, mais le symbole de l’UE a été inventé par un catholique en l’honneur de Marie», a affirmé dans le journal Nederlands Dagblad Hof, président de la Fondation. Le journal a indiqué qu’un tribunal de la ville de Leeuwarden, dans le nord du pays, avait reconnu que cette affaire relevait d’une question de conscience.

L’organisation protestante s’est ainsi permise de réitérer ses demandes auprès du ministre des Transports Camiel Eurlings pour que le symbole de l’UE soit retiré des plaques d’immatriculation qui sont en vigueur depuis 2000.

Le ministre a répondu en disant qu’il ne voyait aucune raison de le faire, puisque la présence du symbole sur les plaques d’immatriculation est une politique européenne.

L’emblème et le drapeau de l’UE ont été d’abord utilisés par une autre organisation européenne, le Conseil de l’Europe, avant d’être adoptés par l’Union européenne en 1985. Selon certains observateurs, ce symbole frappe par sa similarité avec l’auréole de douze étoiles qu’on peut voir dans les représentations artistiques catholiques de la Vierge Marie.

En 1989, le journal du Vatican, l’Osservatore Romano, avait rapporté les propos du concepteur de l’emblème, Arsène Heitz, qui affirmait alors que son idée s’inspirait d’une série d’apparitions de la Vierge Marie qui auraient eu lieu dans le Paris du XIXe siècle. La date à laquelle le drapeau a été adopté par le Conseil de l’Europe, le 8 décembre 1955, coïncidait avec la fête catholique de l’immaculée conception de Marie.

Un parlementaire européen des Pays-Bas, Toine Manders, a qualifié d’»extravagantes» les revendications de l’organisation protestante. «Ces douze étoiles existaient déjà dans la mythologie de la Grèce antique, c’est-à-dire bien avant la naissance du christianisme», a indiqué Toine Manders sur son site web.

La Fondation nationale pour la préservation des principes politiques réformés est un groupe de membres du Parti politique réformé (SGP), qui estiment que leur parti n’est pas suffisamment calviniste. Fondé en 1918, le SGP est le plus vieux parti politique des Pays-Bas sous sa forme actuelle. Il est connu pour avoir toujours refusé de prendre part à la formation d’un gouvernement.

Selon l’Agence oecuménique ENI, Hof envisage désormais une solution provisoire au problème. Son groupe vend des autocollants représentant le symbole du lion néerlandais pour recouvrir celui de l’UE. Officiellement, cela n’est pas permis, mais il affirme n’avoir jamais été ennuyé. (apic/eni/pr)

22 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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