Pays-Bas: Thèse sur l’histoire de la Commission pontificale sur la femme dans l’Eglise
Une Commission pontificale «oubliée»
Bruxelles, 21 janvier 1998 (APIC) «La voix tenace des femmes»: tel est le titre de la thèse de Dirkje Donders, une théologienne néerlandaise de la section Histoire de l’Eglise de l’Université de Nimègue. L’étude, qui vient de paraître, est consacrée à l’histoire de la Commission pontificale sur la femme dans l’Eglise et dans la société, qui a fonctionné de 1973 à 1976. Elle met «en lumière comment l’Eglise romaine se comporte à l’égard des femmes et comment celles-ci doivent se battre pour faire passer une quelconque opinion».
De nombreuses circonstances ont freiné, et même empêché, constate Dirkje Donders, l’étude sérieuse et objective demandée par les évêques du Synode de 1971 au sujet d’une des plus grandes mutations du XXe siècle: la situation des femmes dans l’Eglise et dans la société. La Commission pontificale instituée par Paul VI est restée «dans les oubliettes», car elle n’a pas rempli les objectifs fixés, et le dossier final est «pauvre et décevant».
Une opposition constructive
Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas abouti ? D. Donders s’est penchée sur tous les documents existants et a rencontré Claire Delva (Belgique), membre de la Commission. Elle a étudié le déroulement, la composition, le processus de travail, les difficultés rencontrées par les femmes membres de la Commission, les pressions qu’elles ont subies, le «courage» dont elles ont dû faire preuve, l’»échec final».
Elle décrit le rôle joué par cinq – à la fin six – des quinze femmes membres, refusant d’accepter des concepts et des assertions contredites par les recherches théologiques, anthropologiques, sociologiques actuelles, refusant ainsi de cautionner des affirmations qui seraient «immédiatement et justement contestées». Dirkje Donders a voulu faire connaître le combat de ces femmes (de Belgique, du Brésil, d’Espagne, des Pays-Bas, du Portugal et, plus tard, des Etats-Unis).
Parmi ces femmes, Rie Vendrik joua un rôle particulièrement important et dynamique. La théologienne de Nimègue met ce rôle en exergue pour expliquer son cheminement, mais aussi pour dire comment des femmes chrétiennes engagées et convaincues ont pu ensemble mener une «opposition constructive» pendant les sessions de la Commission. Comment elles ont pris conscience de ce que se passait «derrière leur dos». Comment elles ont fait des recherches, entre les sessions, pour apporter les contributions indispensables, selon la demande expresse du pape. Comment elles ont écrit à Paul VI pour présenter leur démission – fait «impensable» pour le Vatican – et comment elles ont été circonvenues pour y renoncer. Comment, à la fin du travail, elles se sont senties obligées de rédiger et de présenter une «note de minorité», comme le faisaient les évêques au concile Vatican II et comment celle-ci a été refusée – elle ne figure même pas dans le dossier final remis au pape.
Dirkje Donders a voulu proposer un éclairage qui, sans son travail, «ne parviendrait ni aux responsables de l’Eglise, ni surtout aux évêques ni aux femmes elles-mêmes». Sa thèse, qui contient des textes inédits, remplit un vide qui ne semble pas avoir été comblé par d’autres, puisque la Commission a été «oubliée». Elle veut nourrir aussi des recherches plus approfondies, après les dernières déclarations du Vatican au sujet des femmes – et de la question de leur ordination – et des laïcs en général dans l’Eglise. (apic/cip/pr)



