Pays-Bas: Un ex-Premier ministre suscite le débat sur la position de son pays face à Israël
La fin d’une «alliance éternelle avec la nation d’Israël» ?
Utrecht, 13 octobre 2005 (Apic) La visite organisée cet été par les Eglises au Moyen-Orient, à laquelle a participé l’ancien Premier ministre néerlandais Dries van Agt, est qualifiée de «croisade» par les milieux pro- sionistes. Parce que la délégation a critiqué la politique israélienne.
Dries van Agt, membre du parti démocrate-chrétien CDA, a vivement réagi à ces critiques. Sa réaction est une nouvelle salve dans la guerre des mots qui se livre au sein de l’Eglise protestante aux Pays-Bas sur sa position à l’égard d’Israël.
Le débat s’est enflammé après la mission d’enquête effectuée par des politiciens européens au Moyen-Orient en août dernier. Dirigée par l’ancien Premier ministre Dries van Agt (à la tête du gouvernement de 1977 à 1982), la visite était organisée par le mouvement néerlandais «Les civils unis pour la paix», qui rassemble six organisations oeuvrant pour la paix et le développement et comprenant des groupes catholiques et protestants.
L’UE appelée à prendre des sanctions contre Israël
Dans un communiqué, le mouvement a relevé qu’Israël est en grande partie responsable du conflit entre Israël et la Palestine et Dries van Agt demande également à l’Union européenne de prendre des sanctions contre Israël.
Mais pour le mensuel «Israël Aktueel», du groupe pro-sioniste «Christenen voor Israël» (Des chrétiens pour Israël), cet appel aux sanctions ressemble au boycottage des produits juifs par les nazis en Allemagne dans les années 1930. Ce voyage, «une croisade d’aryens méprisables», est le début «d’une nouvelle croisade européenne, dont le but non déguisé est d’aider à délivrer Jérusalem et d’autres parties de la Terre Sainte des mains des juifs», a tout simplement affirmé le journal.
L’Eglise protestante attaquée de tous côtés
Dries van Agt vient de réfuter ces accusations délirantes dans une lettre ouverte. Cependant, les responsables de l’Eglise protestante néerlandaise se sont attirés les critiques de groupes liés aux Eglises, aussi bien pro-Israéliens que pro-Palestiniens, après s’être distanciés de l’appel au boycottage de l’ex-Premier ministre dans un communiqué. Un débat animé est une bonne chose pour une grande Eglise qui présente des points de vue divergents, écrit le quotidien «Trouw». L’Eglise protestante doit revoir sa position qui est celle d’»une alliance éternelle avec la nation d’Israël», suggère le journal.
L’ancien Premier ministre Dries van Agt est président du conseil du Forum «Justice et Paix», dont le siège est aux Pays-Bas. L’Eglise protestante, avec plus de deux millions de membres, est la deuxième Eglise du pays. Elle est issue de la fusion, en 2004, des deux plus grandes Eglises réformées et de l’Eglise luthérienne. (apic/eni/be)



