la paix et de la justice en ex-Yougoslavie
Pécs: Rencontre interreligieuse en faveur de (131293)
Guérir dès à présent les blessures infligées par la guerre
Pécs/Genève, 13décembre(APIC) «Nous condamnons l’utilisation de symboles
religieux ou de sentiments religieux à des fins de guerre», peut-on lire
dans la déclaration adoptée à l’issue de l’importante rencontre interreligieuse internationale en faveur de la paix et de la justice en ex-Yougoslavie, qui vient de s’achever à Pécs, en Hongrie. Les Eglises ont été invitées à promouvoir la réconciliation, la cessation des hostilité et la guérison de la haine et du sentiment de vengeance, «car les blessures infligées par la guerre doivent être guéries dès à présent».
Des représentants des communautés religieuses orthodoxes, catholiques,
protestantes, musulmanes et juives des pays de l’ex-Yougoslavie et des délégués venus d’Europe et d’Amérique du Nord, se sont retrouvés en fin de
semaine dernière à Pecs, en Hongrie. Dans un communiqué publié ce lundi, la
Conférence des Eglises européennes (KEK) à Genève fait part des résultats
de la Table Ronde de Pécs.
La rencontre des religieux pour la paix, organisée par la KEK avec le
soutien du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), faisait
suite à des conférences du même type (en mai 1991 à Sremski Karlovci, en
Serbie, et en août 1991 à Slavonski Brod, en Croatie, suivie de rencontres
au sommet catholiques-serbes orthodoxes l’an dernier à St-Gall et à Genève). Mais cette dernière était organisée sur une base élargie pour permettre la participation de laïcs, en plus des leaders religieux.
En raison de la guerre dans son pays, la délégation musulmane de Bosnie
n’a pu se rendre en Hongrie pour participer à cette rencontre destinée à
renforcer les efforts communs en faveur de la paix et de la réconciliation,
mais elle a envoyé un message de soutien. En signe de solidarité, les leaders religieux musulmans de Croatie ont également renoncé à se rendre à
Pécs. Les responsables religieux musulmans de Bosnie ont toutefois assuré
les participants de leur collaboration dans les efforts communs en faveur
de la paix et de la réconciliation dans les territoires où sévit la guerre.
«Fidèles aux plus profondes convictions et aux principes religieux de
nos Eglises et de nos communautés religieuses», les participants ont exhorté leurs gouvernements et ceux des autres pays, ainsi que les organisations
internationales, notamment les Nations Unies et l’Union Européenne, à faire
tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser la guerre et pour établir
une paix juste.
Non aux sanctions qui font souffrir des innocents
La déclaration de Pécs réclame également la réunification des familles
séparées par la guerre, la libération de tous les prisonniers de guerre et
la recherche de tous les disparus. Elle demande de manière urgente que
l’acheminement de l’aide humanitaire soit rendu possible et souligne que
les convictions éthiques et religieuses des participants à la Table Ronde
leur interdit d’accepter la guerre comme moyen pour résoudre des problèmes.
Les responsables des diverses communautés religieuses de l’ex-Yougoslavie
se prononcent encore contre «des sanctions qui font souffrir des hommes,
des femmes et des enfants innocents». Mais ils demandent fermement que soit
mis fin au commerce des armes et aux activités de tous ceux qui profitent
de la guerre. (apic/kek/be)



