Rome: Mgr Léonard a été reçu en audience par Benoît XVI

Pédophilie: la ›grande souffrance’ de l’Eglise belge

Rome, 6 mai 2010 (Apic) Mgr André-Mutien Léonard, président de la Conférence épiscopale de Belgique, a fait part de la «grande souffrance» de l’Eglise de son pays, secouée par les scandales de pédophilie au sein du clergé, dans une interview publiée le 6 mai par L’Osservatore Romano. Le même jour, l’archevêque de Malines-Bruxelles était reçu en audience par Benoît XVI, qui rencontrera le 7 mai au Vatican l’ensemble de l’épiscopat belge, en visite Ad Limina.

Les révélations de cas de pédophilie au sein du clergé ont été pour l’Eglise de Belgique «le motif d’une grande souffrance», a ainsi affirmé Mgr Léonard au quotidien du Vatican. Le primat de Belgique a ensuite constaté que la démission d’évêques pour «des faits très graves» suscitait l’»inquiétude» de l’Eglise et de tous les fidèles.

Pour éviter de nouveaux cas, l’Eglise belge entend davantage se concentrer sur la formation sacerdotale et étudier «la personnalité» et «l’équilibre affectif» des candidats à la prêtrise, a annoncé l’archevêque de Malines-Bruxelles, soulignant à plusieurs reprises que «le célibat (n’était) pas une source de déséquilibre pour le prêtre, mais plutôt une source de grâce».

Interrogé sur les conséquences de la démission de l’évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, accusé lui-même d’actes pédophiles, Mgr Léonard a noté une forte augmentation, ces derniers temps, du travail de la commission mise en place il y a 13 ans par la Conférence épiscopale de Belgique chargée de recueillir les plaintes des victimes.

Le président de la Conférence épiscopale belge a par ailleurs jugé «très important que les victimes soient écoutées». Et de les exhorter à collaborer avec la justice, qui «possède les moyens de faire des enquêtes et de contrôler la vérité des faits». Cette attitude, aux yeux de Mgr Léonard, permet aussi d’»éviter» que l’Eglise soit accusée «de couvrir les coupables ou de chercher des arrangements».

En outre, aux yeux du primat de Belgique, l’Eglise souffre «assurément en raison du processus de sécularisation très difficile à enrayer» en Belgique, un pays de très forte tradition catholique. Face à la «chute sensible» du nombre de personnes «qui s’engagent à mener réellement une vie de croyants», a nuancé Mgr Léonard, «l’œuvre de ceux qui travaillent» pour l’Eglise est «beaucoup plus déterminée et significative». (apic/imedia/lb/cp/bb)

7 mai 2010 | 09:19
par webmaster@kath.ch
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