Italie: Ouverture de la 61e Assemblée générale des évêques italiens
Pédophilie: le président de la CEI salue l’action et les propos de Benoît XVI
Rome, 25 mai 2010 (Apic) En ouverture de la 61e Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le 24 mai à Rome, le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes (Italie), a consacré une grande partie de son discours aux affaires de pédophilie auxquelles l’Eglise a dû faire face ces derniers mois. Le président de la CEI a ainsi salué l’attitude, l’action et les propos de Benoît XVI dans une période «particulièrement lourde de souffrances».
Evoquant ainsi le «défi» de ces derniers mois qu’a constitué «le problème de la pédophilie et les souffrances qui y sont liées», l’archevêque de Gênes a vanté «la vision toujours lucide» de Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et en tant que pape, et son «rôle moteur permanent». «Intransigeant face à toute saleté», le pape a choisi la «transparence» et la «propreté», a lancé le prélat italien.
Grâce à Benoît XVI, a souligné le cardinal Bagnasco, l’Eglise a appris «à ne pas avoir peur de la vérité, même lorsqu’elle est douloureuse et détestable, à ne pas la taire ou la couvrir», sans pour autant «subir des stratégies de discrédit généralisé et de déstructuration ecclésiale».
«En tant que pape, il a condamné de façon répétée et avec force les abus sur mineurs, en adoptant une méthode de surveillance scrupuleuse et en rencontrant des groupes de victimes en plusieurs occasions». Et de résumer : «les actions de Benoît XVI sont au moins aussi éloquentes que ses mots».
L’archevêque de Gênes a en outre souligné que le pape ne faisait en aucun cas preuve de «docilité face aux pressions extérieures», mais qu’il assumait une «responsabilité à la mesure de son mandat». Le prélat a en outre souhaité exprimer à Benoît XVI le «lien de communion» et l’»affection» des évêques italiens.
Dans son discours, le cardinal Bagnasco a aussi assuré les victimes de «la douleur», du «regret profond» et de la «proximité» des évêques italiens pour le «péché terrifiant» dont elles ont fait l’objet. Le président de la Conférence épiscopale italienne a également mis en cause le rôle des médias, d’Internet, de la publicité dans le phénomène de «dépersonnalisation» de l’enfance, avant de critiquer ouvertement «les multinationales de la pornographie» et «ceux qui, en Occident, voudraient même donner une dignité politique à la pratique de la pédophilie».
Par ailleurs, alors que la question du célibat des prêtres a refait surface avec les affaires de pédophilie, y compris au sein de la hiérarchie catholique, le cardinal Bagnasco a souligné que le «don du célibat» n’entraînait «aucune mutilation psychologique ou spirituelle» et ne trahissait pas «des visions inadaptées ou immatures de la sexualité de l’homme».
Devant les évêques italiens, enfin, le cardinal Bagnasco s’est penché sur les effets de ces affaires sur «l’opinion publique» et chez «les familles», assurant les fidèles que l’Eglise ferait tout son possible pour «mériter (…) la confiance qui (lui) est généralement accordée». Et de conclure par ces mots, teintés de pessimisme : «les affaires indignes qui ont éclaté jusqu’à aujourd’hui et – que Dieu ne le veuille pas – qui pourront encore éclater, ne peuvent pas cacher le travail lumineux que le clergé italien, dans son ensemble, accomplit dans tout le pays depuis des temps immémoriaux».
Ces propos du cardinal Bagnasco interviennent 4 jours après que, pour la première fois en Italie, un évêque eut été appelé à témoigner et à justifier sa conduite au procès d’un prêtre accusé d’avoir commis des actes pédophiles lorsqu’il était sous son autorité. (apic/imedia/cp/pr)



