Pékin reconnaît un évêque nommé par Rome avant l’accord
Le Saint-Siège annonce «avec satisfaction», le 27 août 2024, la reconnaissance légale par la Chine de Mgr Melchior Shi Hongzhen, évêque de Tianjin, au nord-est du pays. Pour la première fois, Pékin reconnaît un évêque que Rome avait choisi avant l’accord pastoral historique sur la nomination des évêques en Chine, en 2018.
Ce geste marque une étape supplémentaire dans le rapprochement entre la Chine et le Saint-Siège, trois mois après la dixième nomination par les deux parties d’un évêque chinois selon les modalités prévues par l’accord de 2018. Le Vatican décrit cette reconnaissance comme «un fruit positif du dialogue établi au fil des ans entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois» ces dernières années.
Nommé évêque en 1982
Contrairement aux dix précédentes nominations épiscopales en Chine, il s’agit cette fois-ci d’une reconnaissance par Pékin d’un évêque nommé par Rome avant l’accord de 2018, une première historique. Né en 1929, ordonné clandestinement prêtre en 1954 – cinq ans après la victoire des communistes – Shi Hongzhen avait été consacré évêque coadjuteur de Tianjin en 1982 sur nomination de Rome, puis était devenu évêque de son diocèse en 2019 après la mort de son prédécesseur.
Cependant, à cette époque, sa prise de poste n’avait pas été avalisée par le gouvernement en raison de sa non-appartenance à l’Association patriotique, l’entité contrôlée par le Parti communiste chinois pour superviser l’Église officielle. Selon certaines sources, il avait alors été assigné à résidence.
Dynamique positive des relations sino-vaticanes
Finalement, au crépuscule de sa longue vie (il a aujourd’hui 94 ans), Mgr Shi Hongzhen voit sa charge reconnue par les autorités de son pays. Son diocèse, situé au sud-est de Pékin, compte 56’000 fidèles répartis dans 26 paroisses et accompagnés par 62 prêtres et «un bon nombre de religieux», affirme le Saint-Siège.
Cette reconnaissance confirme la dynamique positive des relations entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, à quelques semaines de l’échéance de l’accord provisoire de 2018, valable pour deux ans, renouvelé en 2020 et 2022. Le Saint-Siège a manifesté à plusieurs reprises sa volonté de voir cet accord approfondi. (cath.ch/imedia/cd/rz)





