Pérou: Fujimori, en fuite au Japon, inculpé pour avoir «acheté» des parlementaires

227 intellectuels du monde entier réclament son extradition

Lima, 18 avril 2002 (APIC) L’ex-président péruvien Alberto Fujimori a été inculpé pour avoir ordonné il y a deux ans à Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets de l’époque, de corrompre des élus. L’opération avait pour but de lui assurer une majorité parlementaire.

Il s’agit de la quatrième inculpation formelle dirigée contre Fujimori, actuellement réfugié au Japon, après avoir pris la fuite en automne 2000. Il est par ailleurs accusé de violations des droits de l’homme.

En septembre 2000, une vidéo montrant Montesinos en train de remettre de l’argent à un élu avait commencé à faire vaciller l’ex-président. L’ancien chef des services secrets est aujourd’hui incarcéré près de Lima, dans la même prison qui abrite nombre de leaders des mouvements subversifs comme le Sentier Lumineux ou le MRTA. 52 chefs d’accusations allant du détournement d’argent au trafic d’armes et de drogue, et à la torture, pèsent sur l’ancien bras droit de Fujimori.

Alberto Fujimori, qui avait fait valoir sa nationalité péruvienne pour se faire élire à la tête du Pérou, exhibe aujourd’hui une double nationalité nippo-péruvienne. Tokyo refuse d’extrader ses ressortissants, malgré les demandes répétées des autorités péruviennes.

Ces jours encore, 227 intellectuels du monde entier ont adressé une lettre au gouvernement pour demander au Japon son extradition.

La lettre, également dirigée à l’Université de Takushoku et au peuple du Japon, fait part de «la profonde préoccupation» des 227 intellectuels, qui s’insurgent contre la nomination de l’ex-président du Pérou au poste de professeur invité de l’Université de Takushoku, et contre les honneurs que lui décernent d’éminentes personnalités japonaises du monde de la politique et de la presse.

Une autre affaire pourrait cependant embarrasser le Japon, parce qu’impliquant un pays européen, l’Espagne en l’occurrence. Le juge Baltasar Garzon Real enquête actuellement sur les pressions qu’auraient exercées la banque de Bilbao Vizcaya sur des témoins pour qu’ils taisent des opérations liées à de l’argent sale détourné par Fujimori et Montesinos. Moyennant «rétribution», la banque en question aurait fait signer aux témoins un «pacte de silence». (apic/pr)

18 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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